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Sur la Route du Cinéma - Page 549

  • Infamous de Douglas McGrath ****

    Truman Capote, écrivain homosexuel et jet-setter new-yorkais évolue dans un monde superficiel plein de paillettes. Le jour où il découvre dans un journal le massacre d’une famille de fermiers du Kansas, il se passionne pour cette histoire et décide d’en écrire le récit. Le livre qui en sera tiré « De sang froid » est son chef d’œuvre. Il ne pourra plus en écrire d’autres par la suite. Sa rencontre avec l’un des deux meurtriers, Perry Smith, va également bouleverser son existence.

    Le film de Bennett Miller, sorti il y a tout juste un an relatant le même fait divers était passionnant et avait valu à Philip Seymour Hoffman l’Oscar du meilleur acteur. Celui-ci, quoique très différent, l’est tout autant et Toby Jones (vu récemment dans le « Voile des illusions » que personne n’a vu…) est tout aussi prodigieux.

    Trublion à la fois agaçant et attachant, Truman Capote, aidé de son amie Harper Lee (Sandra Bullock, discrète, attentive, fabuleuse tient son meilleur rôle, son premier rôle !!!) enquête d’abord de façon presque ludique. Dès qu’il sera en présence des deux meurtriers et plus particulièrement de Perry Smith (Daniel-007-Craig, animal, sensuel, présence évidente) son intérêt va se transformer en affection, en amitié, en attirance partagée et les deux hommes resteront liés jusqu’à l’exécution de Smith en présence de Capote.

    D’abord léger avec quelques scènes franchement drôles : celle où Capote raconte devant des provinciaux médusés du Kansas sa rencontre avec Humphrey Bogart, Franck Sinatra, Lauren Bacall, Marilyn Monroe… est tordante, celle où Sigourney Weaver danse un twist très personnel est hilarante ! Le film s’assombrit à mesure que l’attachement des deux hommes (vraiment touchants) s’intensifie et que l’issue inéluctable approche.

    Du grand et beau cinéma.

     

  • Miss Potter de Chris Noonan *

    Au début du XXème siècle en Angleterre, Beatrix Potter a 32 ans et vit encore chez ses richissimes parents qui lui présentent de « bons partis » à épouser, qu’elle repousse systématiquement. Depuis sa plus tendre enfance, ses seules obsessions sont la nature et le dessin. Elle dessine, peint et s’est créé un univers composé de charmants animaux avec qui elle converse. La rencontre avec un éditeur va faire basculer son destin.

    Que reste t’il de la vie de cette femme, auteure de livres pour enfants qui se vendent toujours autant aujourd’hui ? C’était une véritable féministe et écologiste avant l’heure. Dans ce film, la campagne est jolie, les dentelles abondantes et tout le monde semble engoncé dans son costume. Le comble est que, si ce n’est une petite évocation de l’enfance de Beatrix… pas un enfant n’apparaît dans l’histoire. Rapidement cela dévie vers l’amour et le chagrin d’amour puis de nouveau l’amour… et rien sur la création et l’inspiration. Parfois les dessins s’animent joliment et c’est… joli.

    Renée Zellweger trottine comme une souris, et, incapable de se débarrasser de ses tics « Bridget Jonessiens » frisotte le museau comme un hamster !!!

     

    Pour ChoubidouJo : un lapin en veston bleu...

     

  • Hellphone de James Huth**

    La seule façon pour Sid, fan de skate et d’ACDC, de séduire la fille de ses rêves Angie, est de posséder un téléphone portable ! Avec ses 30 €uros il fait l’acquisition d’un téléphone diabolique qui s’anime tout seul et semble avoir les super pouvoirs de régler tous les problèmes d’un lycéen !

    Après « Brice de Nice » (« cassante » apparition de Jean Dujardin d’ailleurs…) James Huth surfe sur la vague « djeunz » et nous offre un teen-movie horrifique survitaminé. Si ce n’est une baisse de régime vers le milieu et une grosse difficulté à conclure, c’est potache, branchouille, juvénile, bruyant, survolté et ponctué aussi de quelques éclats de rire. Ça se termine en porte nawak assumé en hommage sans doute aux films d’horreur des années 80.

    La jeune Jennifer Decker (Angie) est assez agaçante (beaucoup de grimaces). On fait dire à Jean-Baptiste Maunier qui a beaucoup beaucoup grandi : "je ne chantais pas assez bien !!!", ce qui est drôle non ? L'ex choriste nous laisse également entrevoir des qualités (inégales mais réelles) d’interprétation. Cependant c’est surtout Benjamin Jungers dans le rôle du meilleur ami faire-valoir qui est le plus impressionnant et intéressant.

  • Ne touchez pas la hache de Jacques Rivette ****

    « Ne touchez pas à la hache », c’est ce qu’aurait dit le gardien montrant la hache qui avait servi à trancher la tête de Charles 1er ! Or Antoinette ne se rend pas compte qu’elle touche à la hache en se refusant obstinément à Armand tout en continuant à le séduire.

    Armand de Montriveau est un général héroïque grand blessé des guerres napoléoniennes (interprété par Guillaume Depardieu éblouissant et grand blessé de la vie). Le jour où il rencontre Antoinette, Duchesse de Langeais (interprétée par Jeanne Balibar, sublime presqu’irréelle), il en tombe éperdument amoureux. Elle va encourager le véritable culte qu’il lui voue tout en refusant pendant des mois de lui appartenir. Les prétextes multiples et variés (migraine, bals, convenances, religion…) dénotent simplement une grande hypocrisie et un jeu cruel et stupide dont elle semble ne pas avoir conscience. Armand, fiévreux, éperdu accepte, résiste puis comprend que cette femme ne sera jamais à lui. Plutôt que renoncer, il décide de se venger. La victime devient bourreau et réciproquement. C’est au tour d’Antoinette de se languir puis de dépérir devant la cruauté de son virtuel amant.

    Les face à face des deux amants, leurs dialogues littéraires sont servis par deux acteurs vraiment inspirés qui se consument de passion. Leurs personnages, affolés d’amour et de désir s’embrasent et se détruisent sous nos yeux effarés. Autour d’eux gravitent quelques figures dont Michel Piccoli et Bulle Ogier, rayonnants l’un et l’autre, d’une étonnante modernité. Guillaume Depardieu, acteur extraordinaire est parfait pour ce rôle extraordinaire. Jeanne Balibar soupire ses répliques, sourit irrésistiblement. Grâce à elle ce personnage qui aurait pu être antipathique est crédible et touchant. Ce couple atypique, intemporel, pas du tout "en vogue", se révèle idéal et bouleversant. Quant à la réalisation, elle est d’une telle perfection qu’il n’y a rien à en dire.

    C’est un film qui nous parle d’un rendez-vous manqué, il est hors du temps, hors des modes, c’est un film unique, magnifique, tourmenté, passionné qui nous dit pourtant : « trop tard »…

    Ce film est tiré du roman de Balzac "La Duchesse de Langeais".

  • La tête de maman de Carine Tardieu **

    « Le premier qui m’appelle Lucille je lui éclate la tronche. J’m’appelle Lulu. Point barre » !

    Ainsi parle Lulu donc, ado boudeuse et rageuse de 15 ans dont la maman dépressive chronique souffre de maux de ventre depuis des années. Lulu rêve d’une mère idéale aimante et compréhensive qui serait Jane Birkin… mais elle va tout tenter pour rendre à sa vraie mère son amour de jeunesse qui a disparu de sa vie en emportant son sourire.

    Du drame à la comédie, de la comédie au drame, ce joli film aux trouvailles oniriques bienvenues oscille et offre aux comédiens une belle partition douce amère. La jeune Chloé Coulloud (Lulu) tour à tour butée, masculine et soudain pleine de charme et de douceur féminins habite ce rôle avec détermination. Les belles apparitions de Jane Birkin en fée maternelle idéale sonnent juste. Karin Viard perdue et amoureuse découvre avec grâce la maternité. Pascal Elbé assure avec beaucoup de séduction son rôle de papa et de mari aimants. Quant à Kad Merad, de film en film on ne cesse de découvrir quel acteur il est ! Capable d’imposer avec sa dégaine nonchalante et un physique ordinaire la figure masculine fantasmée. Chapeau.

    Amateurs de happy end prévisible s’abstenir !

  • 300 de Zack Snyder °

    300 -

    Le spartiate Léonidas (roi de la tablette) reçoit la visite d’émissaires du roi perse Xerxès (qui se prend pour un Dieu parce qu’il mesure 2 m 12 !!!). Ils lui disent :

     

    « - soumettez-vous spartiates !

     

    - Hein ? Quoi ? j’ai bien entendu ? Soumission n’est pas spartiate, va te faire voir chez les Grecs mon gars ! »…

     

    et pan, les messagers sont balancés dans un gouffre sans fond !

     

    A partir de là, une bande de 300 couillus en sandalettes avec casques à pointe, boucliers magiques et lances pointues s’en va, testostérone en bandoulière tendre une embuscade à une armée invincible (environ 1 million de guerriers survoltés), heureusement pas toujours très finaude question stratégie militaire. Avant le départ, Léonidas fait l’amour à sa femme (reine topless) au ralenti et s’en va en découdre, au ralenti, avec l’autre bande de furieux. Comme ils ont eu de la route à faire, on voit bien qu’ils n’ont pas eu le temps de faire l’amour, du coup, ça se sent qu’ils ont envie de rentrer chez eux.

     

    C’est l’histoire d’un réalisateur qui a dû voir en boucle Le Seigneur des Anneaux et Gladiator, (pardon James, pardon Peter, il ne sait pas ce qu'il fait), on a même droit au vent dans le champ de blé, la femme de Léonidas est un sosie de Connie Nielsen et Faramir est là… et qui s’est dit : « tiens, je vais faire la même chose mais en moche et con ! ». Pari tenu, pari gagné, haut la main, c’est d’une bêtise et d’une hideur à pleurer ou à rire... Niveau aberration j’ai même entendu : « nous allons dominer l’Europe !!! ». On est quand même en 480 avant Jésus-Christ. Je comprends mieux pourquoi ça s’appelle le Vieux Continent.

     

    Sinon, ici ce n’est pas le courage et la bravoure qui sont glorifiés mais la cruauté, la vanité et l’orgueil. Deux armées arrogantes, sûres de leur supériorité envoient les uns contre les autres des hommes gavés de haine et assoiffés de sang. Visuellement et auditivement, tout est là pour tenter d’en mettre plein la vue et les oreilles : abondance de ralentis (voilà pourquoi ça dure deux heures), le sang gicle partout, les bras, les jambes, les têtes tranchées plein écran s’amoncellent, un empilement de cadavres sert de protection, de jolies femmes lascives dansent (au ralenti)… L’ingénieur son a poussé l’ampli à 25 et le peintre n’a pas lésiné sur le marron. Quant à l’interprétation !!! Gérard Butler expressif et sexy comme une chasse d'eau, balance ses tirades pompeuses et solennelles avec une emphase et un sérieux irréprochables. C’est laid, une vraie croûte mais au final, assez risible.

    HA HOU !*

    *cri de guerre spartiate !

    Mouarf.

    300 -