04.03.2011

TRUE GRIT de Joel Coen et Ethan Coen ****

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Venger son père assassiné par un coward  pour deux pièces d'or n'est pas simple dans le big west-ern de l’après guerre de Sécession, qui rappelons le cessa faute de combattants. Et puis comment être prise au sérieux quand on est une petite fille de 14 ans terrassée et indignée ? Mais Mattie Ross (magnifiquement interprétée par la petite Haylee Steinfeld qui ne manque pas de true grit)  va mettre son chagrin en veille et, consciente que la justice ne punira pas le coupable, chercher l'homme idéal qui se chargera de la sale besogne. Elle trouve en Rooster Cogburn, marshall borgne et alcoolique mais réputé pour son obstination et son taux de réussite, le vengeur parfait. Par ailleurs, elle va croiser la route du Texas Ranger LaBoeuf,  lui aussi à la poursuite de l’infâme Tom Chaney recherché dans un autre Etat pour d’autres méfaits. La motivation de LaBoeuf est la récompense conséquente promise. Les deux hommes vont s’engager en territoire indien où l’immonde Chaney s’est refugié. Ils seront vite rejoints par la fillette qu’ils avaient essayé de semer. Impressionnés par son courage et sa détermination ils vont finalement accepter qu’elle fasse partie du voyage sans pour autant la traiter avec le moindre égard. L’aventure peut commencer.
Par manque de temps et à cause d’une petite forme je ne pourrai sans doute pas vous exprimer le quart du millième de ce que la vision de ce film m’a provoqué mais il FAUT que je vous en parle un peu avant que vous ayez choisi de voir d’autres films. J’ai l’impression que les frangins Coen (que leur maman doit être fière !!!) flirtent depuis des lurettes avec le western. Mais enfin, ici, ils y tombent pieds et poings liés et y reprennent tous les codes incontournables. Modestement ou intelligemment ou simplement en fans, ils ne cherchent pas à révolutionner la vision de l’Ouest post guerre civile, mais en offrent au contraire une vision tout à fait classique. Et gloire leur soit rendue pour ça. Pour ne pas avoir tenté de nous imposer un néo-western, essayer de nous faire croire qu’ils avaient inventé un genre alors qu’il est né pratiquement en même temps que le cinéma. Evidemment, en frères Coen qu’ils sont, ils ne situent pas leur intrigue en plein cagnard mais en hiver. Cela rend la chevauchée encore plus éprouvante mais n’atténue en rien la splendeur des paysages de la région parcourue, au contraire.

Alors évidemment c’est l’histoire d’une gamine intelligente et cultivée qui n’a pas froid aux yeux et qui n’hésite pas un instant à affronter des hommes qui la regardent de haut, d’un œil goguenard, pour ne pas dire patelin. C’est macho à souhait, mais c’est finalement cette petite minette tenace et téméraire qui va venir à bout de sa soif de justice qui tourne à l’obsession. A un prix considérable certes mais sur son chemin initiatique, Mattie aura côtoyé deux hommes qui marqueront sa vie à tout jamais. Car dans ce film, ce n’est pas tant le résultat qui importe, mais le chemin pour y parvenir. Ce n’est pas tant la vengeance qui intéresse et stimule le spectateur mais la façon dont elle est menée. Pas tant l’intrigue qui captive que la rencontre entre les personnages. L’essentiel n’est pas pourquoi ils sont ensemble mais qu’ils soient ensemble. C’est tout. Et c’est beau !

La tension et les rebondissements ne font pas obstacle à une certaine nonchalance toujours bienvenue dans un western je trouve. Comme si le temps était différent dans le grand ouest. Les personnages prennent toujours le temps d’installer un campement de fortune, de dormir à la belle étoile (images somptueuses de nuit !) autour d’un feu de camp à « déguster » du maïs bouilli. C’est quand il ne se passe rien que tout se joue, que les liens se resserrent, que les regards et les attentions s’expriment. L’aisance et la confiance en soi de la petite, son insouciance, son ignorance du danger sont toujours en décalage avec l’immaturité des hommes souvent en compétition. Face à elle, à sa fraîcheur, sa jeunesse et sa franchise, il y a donc ce marshal borgne qui se fait sans doute plus vieux qu’il n’est (et Jeff Bridges avec sa voix râpeuse y va très très fort) toujours totalement imbibé d’alcool jusqu’au fond des yeux, et LaBoeuf (Matt Damon, une fois de plus extraordinaire !) Texas Ranger un peu précieux aux éperons à grelots décoré comme un cow-boy d’opérette. Et là encore, les Coen ne cède pas à la facilité d’une pseudo relation pères de substitution/fille, même si dans une scène somptueuse le vieux Cogburn lui portera secours.

Et malgré l’humour qui est évidemment le petit cadeau supplémentaire, la conclusion pleine de mélancolie voire de tristesse laisse le westernien tout morose. Pour être totalement impartiale je révèlerai néanmoins deux petites déceptions à mon emballement. Le film met un peu de temps à démarrer. Sans doute étais-je trop pressée de voir l’improbable trio prendre la piste vers le territoire indien où s’est réfugié l’affreux. Et inversement la fin, trop abrupte nous prive de façon expéditive des trois personnages avec qui j’aurais bien continué encore le chemin jusqu’à d’indispensables retrouvailles…

09.10.2010

MA SEMAINE AU CINEMA

Pour retrouver mes avis, cliquez sur le titre des films.

YOU WILL MEET A TALL DARK STRANGER de Woody Allen ****

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LAISSE MOI ENTRER de Matt Reeves **

(pas eu le temps et le courage de faire l'article mais c'est pas mal du tout...)

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SANS QUEUE NI TÊTE de Jeanne Labrune **

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TOUT VA BIEN, THE KIDS ARE ALL RIGHT de Lisa Chodolenko *

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AO, LE DERNIER NEANDERTAL de Jacques Malaterre °°

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MES COUPS DE COEUR

isabelle_huppert.jpgjulianne-moore-091608-450p.jpgMark_Ruffalo_450711.jpg 

07.10.2010

YOU WILL MEET A TALL DARK STRANGER de Woody Allen ****

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C'est à Londres que se situent les aventures à la fois quotidiennes, ordinaires et extraordinaires de 8 personnages dont les destinées vont se croiser,  converger ou s'éloigner. Un septuagénaire se réveille un matin terrifié à l’idée de mourir bientôt. Il quitte sa femme vieillissante pour une bimbo blonde et sans cervelle alors qu’une « cartomancienne » prédit à la délaissée qu’elle va rencontrer un sombre et bel inconnu… La fille de ce vieux couple perd les pédales, amoureuse de son patron qui ne la remarque pas, alors que son mari, écrivain raté se met à lorgner sur la fenêtre de l’appartement d’en face où une jolie fille en rouge, pas loin de convoler, joue de la guitare… 

Des histoires de couples, d'amour, de sexe, de désir, d'ambition, de déceptions... des erreurs, des quiproquos, des malentendus, des infidélités, des injustices. Beaucoup d'incertitudes, de tergiversations, de lâcheté, de cruauté. Le tout enrobé, pimenté, entortillé, noyé dans un flot de paroles fiévreuses mais toujours d'une justesse et d'une utilité incontestables. Oui, les personnages de Woody parlent beaucoup. Ils s'expliquent, se justifient. C'est rythmé, nerveux, vigoureux, pétillant avec toujours, au bord de l'éclat de rire, cette inquiétude propre au petit bonhomme assez génial qu'est ce grand réalisateur. Dans cette frénésie de dialogues, de rebondissements en tout genre dont un ABSOLUMENT GENIAL, véritable pirouette inattendue qui concerne Josh Brolin l'écrivain et un de ses amis victime d'un accident... et cet autre où un mari (Josh Brolin encore) emménage chez une splendeur (la sublime Freida Pinto) qu'il a longuement observée depuis la fenêtre de son appartement et qui se retrouve à observer la femme qu'il a quittée (Naomi Watts) depuis son nouvel appartement. En un plan vraiment astucieux et magistral, sans effet ni parole cette fois, il nous démontre la bêtise des hommes (en tant qu'humanité) qui s'obstinent toujours à imaginer, que l’herbe verte ou la vraie vie est ailleurs... 

Ce film lumineux, plein de drames, de folie, de douceur et d'humour est un grand grand cru qui m'a rappelé l'époque bénie des "Annie Hall" et "Manhattan", pas moins. C'est totalement euphorisant de voir qu'un réalisateur de cette trempe et de cet âge puisse encore innover tout en imprimant son incontestable et tellement reconnaissable virtuosité. Et beaucoup d'allégresse aussi, de délicatesse pour démasquer les failles et fêlures humaines et nous démontrer la vanité, la fragilité des illusions, des apparences. 

Quant à la direction d'acteurs, elle est à l'image du reste, virtuose et irréprochable. Woody tire le meilleur de cette toute nouvelle troupe d'acteurs qui se montrent tous à la hauteur de l'honneur et du bonheur de travailler avec lui. L'inconnue Lucy Punch, véritable fantasme ambulant, tout en jambes, en cheveux, en minceur qui a comme son nom l'indique beaucoup de vigueur et de vitalité est LA révélation irrésistible de cette histoire pleine de bruit et de fureur, "much ado about nothing", "très dramatique et très comique", (comme nous le disait Woody en personne et en français en juillet dernier où il a fait l’ouverture du Festival Paris Cinéma) où il est également question de réincarnation et de vies antérieures... Mais grâce soit encore rendue à Woody de permettre à Anthony Hopkins de redevenir le merveilleux acteur qu'il a su être, sans excès ni cabotinage. 

La musique qui accompagne, dès le générique, est comme toujours un régal permanent...

Mon seul regret est que Woody s'estime désormais trop vieux pour s'accorder des rôles dans ses propres films. Mais sinon, bravo, bravo et encore bravo et une standing ovation !

 

Si vous ne l'aviez pas vue en juillet, voici la petite vidéo que j'avait faite de Woody à la soirée.

01.10.2010

WALL STREET L'ARGENT NE DORT JAMAIS de Oliver Stone °

En 1987, Gordon Gekko était un gros pourri, un as de la finance qui avait des dollars à la place des yeux. Oliver Stone l'avait mis en prison à la fin de l'histoire parce qu'il avait trop fait mumuse avec des sous qui ne lui appartenaient pas. ça ne se fait pas. Quand le film commence (celui de 2010) Gordon sort de prison et on lui rend sa montre et son portable. Et en 1988, les portables avaient cette tête là : douglas.jpg    MDR.

Gordon c'est Michaël Douglas l'acteur, et du coup lui aussi a 23 ans de plus. ça se voit mais ça ne me dérange pas, il ressemble de plus en plus à papa c'est incroyable :

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A sa sortie de prison, personne n'attend Gordon, c'est dégueulasse. Pourtant il a une fille mais elle préfère se rouler sous la couette avec son chéri. La fille c'est Carey Mulligan et le chéri c'est Olivier Besancenot Shia LaBeouf (finalement on s'habitue à son nom pas vrai ?). Il dort avec sa culotte. Mais je me suis laissée dire que depuis le film, Carey et Shia (en fait, ça fait quand même bizarre ce prénom) dormaient ensemble sens dessus dessous. Chéri est trader et il s’appelle Jacob et il aime la fille de Gordon qui l’aime aussi. Mais elle ne veut plus entendre parler de son père. Il lui a mis 100 millions de dollars sur un compte en Suisse mais tant pis elle en veut pas. Elle fait croire qu’elle lui reproche la mort de son frère mais en fait elle ne supporte pas qu’il lui ait donné un nom de nounours. Winnie, elle s’appelle. 
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Parfois, Jacob et Winnie sont dans la rue et ils discutent. Ils ont des soucis parce que Jacob fricotte avec Gordon et Winnie a des secrets aussi.

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Alors Jacob réfléchit à comment il pourrait garder Winnie. Alors il lui achète une bagouze à 400 mille dollars. Elle aime bien même si elle la trouve pas trop en plastique comme elle aimerait mieux, alors elle lui dit : « d’accord je veux bien t’épouser, d’ailleurs je suis enceinte ».

« ah bon, qu’il dit Jake, qui est le père ? ».

Mais non, j’rigole ! 

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Là, le type qui fait comme ça avec les doigts et la bouche, avec le pull rouge sur les épaules, c’est le réalisateur. Il est là, il voudrait bien mais il n’y arrive pas. Et les acteurs lui disent : « euh, quand même Olive, va falloir qu’on fasse quelque chose là, tu nous as pas mis dans nos costumes du dimanche un jeudi pour qu’on fasse rien ? », 

« ben, oopss j’ai oublié » qu’il dit Olive… ah, ça y est ça me revient, qu’il finit par dire, mais il faut changer de costume ». Oliver doit avoir un "alea moral" à n'en pas douter.

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Là tout le monde est habillé comme un pingouin et Jacob dit à Gordon : « merde Gordo, t’as pas mis ton nœud pap ? ».

« Ouais ben j’avais pas envie de ressembler à cte piranha de Brett »

« on m’appelle plus Brett, Gordon, mais Bretton ».

Vous savez quoi ? J’ai appris que Josh Brolin avait perdu 10 kgs pour ce rôle. Il a bien fait. 

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Parfois Jacob se promène avec un air triste devant Ground Zero (ce n’est pas loin de Wall Street) et on a une pensée émue. 

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Cette fois Oliver a mis son pull sur lui parce que la clim’ est poussée à fond. Ses manches sont trop courtes mais si le film marche il rachètera une pelote pour finir les bras. 

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Brett/Josh, c'est un méchant qui veut toujours plus comme Gordon dans le temps. Il est le « poulain » (dans la vie, il faut un poulain et un mentor) de Eli Wallach qui s’appelle Julie ici. Il est un peu liquide et il fait « pfuit pfuit » avec sa bouche et ça veut dire : « cui cui fait l’oiseau ». C’est bizarre comment il devient Eli. Il a son nez qui descend de plus en plus bas et les joues lui entrent dans la bouche. La sonnerie du portable de Jacob c’est une musique de western, c’est pour faire du mal à Eli, j’en suis sûre. 

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Les traders sont des mauvais et ils se reconnaissent entre eux. Alors ils prennent le métro. Le métro c'est dangereux, parfois des gens se jettent dessous et ils vous bousculent. Quand il est encore gentil Gordon a la mèche en bataille et quand il redevient méchant il a le cheveu gominé.

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Sur cette photo, j’adore la chemise de Michaël. Je pense que c’est du lin, et ce bleu est vraiment très seyant. Par contre les charentaises, moyen. Bon excusez moi faut que je vous laisse.