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  • ARRÊTEZ-MOI de Jean-Paul Lilienfeld

    je peux vous faire gagner 5 X 2 places pour ce film grâce à RezoFilms, Flo et Fanny de Cinéfriends.

    Synopsis : Un soir, une femme se rend dans un commissariat pour confesser le meurtre de son mari violent, commis il y a plusieurs années. Seulement plus la policière de permanence interroge cette femme, plus elle connait sa vie, moins elle a envie de l’arrêter. Pourquoi cette femme que personne ne soupçonnait veut-elle absolument être reconnue coupable ? Pourquoi cette policière ne veut-elle absolument pas l’arrêter ? L’une des deux gagnera. Mais que veut dire gagner dans ce genre de circonstances ?

    Répondez à une de ces questions et c'est gagné :

    1) De quel roman est adapté ce film ?

    Lois de la gravité (Les). - Jean Teulé. Trouvé par crotte.

    2) Terminez cette phrase : "Moi je dis que vous avez réussi..."

    "...le crime parfait" trouvé par Ed.

    3) Quel est le thème principal du film ?

    La violence conjugale, trouvé par Aifelle.

    4) Quel autre film de Jean-Paul Lilienfeld a remporté un grand succès de télévision ?

    La journée de la jupe. Trouvé par Carole.

    5) Terminez cette phrase : "ben c'était pas vrai, c'est moi..."

    "..je l'ai poussé du huitième étage" trouvé par Martin K.

  • ULTIMO ELVIS de Armando Bo ***

    Ultimo Elvis : affiche

    Carlos Gutiérrez n'est pas un homme comme les autres. Le jour il est ouvrier, le soir il se transforme en Elvis et travaille pour le compte d'une agence de sosies. Il endosse le costume à paillettes du crooner/rocker, celui de Las Vegas et assure l'animation de mariages ou soirées. Être Elvis est plus qu'un passe-temps, c'est une mission, un ordre, une vocation, un sacerdoce. Carlos (qui ressemble autant à Elvis que moi à Susan Sarandon) est persuadé d'ÊTRE la star au point de se faire appeler Elvis, d'écouter et de regarder ses concerts et ses interviews en boucle et de se nourrir exclusivement de tartines/bananes/beurre de cacahuètes pour grossir autant que le King. Sa vie privée est un ratage total. Sa femme l'a quitté et il voit peu sa fille Lisa Marie (tiens donc !). Elles ont un peu honte de lui, ne le comprennent pas. Mais Carlos a un but dont il ne parle pas. Un accident va le forcer à devoir s'occuper seul de sa petite fille pendant un temps. Il ne renonce pas pour autant à son grand projet car son leitmotiv est qu'il ne faut jamais abdiquer et réaliser ses rêves coûte que coûte.

    Cette histoire est d'une tristesse sans nom voire perturbante par certains côtés, tant l'idée fixe de Carlos frôle parfois la folie. Carlos a manifestement perdu le sens de toute réalité et ne tient debout que par son obsession dont rien ne peut le détourner. Malgré le physique pour le moins ingrat de son interprète, on ne peut que tomber sous le charme de John McInerny, colosse solitaire obsessionnel et pathétique qui a hérité comme don du ciel d'une voix d'ange. Lorsqu'il endort sa fille au son des ballades les plus douces d'Elvis, c'est un véritable enchantement. Chaque fois qu'il endosse le costume du King, c'est de toute façon un émerveillement pour les oreilles.

    Suivre John McInerny pendant une heure trente est une épreuve et un bonheur. Toute cette tristesse, ce désespoir laissent KO mais on ressort accompagné par Elvis et ça réchauffe...

  • RUE MANDAR de Idit Cebula **

    Rue Mandar : affiche

    Charles, Rosemonde et Emma se retrouvent pour assister aux funérailles de leur maman. La fratrie a des liens distendus et la vente de l'appartement familial du 13 rue Mandar à Paris sera l'occasion de révéler les non-dits, les rancoeurs mais aussi les tendres souvenirs.

    Comme pour certains romans, les réalisateurs ont parfois envie de raconter leur expérience personnelle de la famille. En général la "disparition" des parents est déterminante pour la survie d'une famille car c'est le premier jour du reste de la vie. Celui où les enfants même grands, même adultes, deviennent orphelins, sans plus personne sur qui se reposer ou faire peser le poids de leurs échecs, de leurs erreurs, de leurs hésitations ou de leurs réussites. La famille c'est ce grand barnum imposé où des personnes sans affinités particulières, n'ont parfois d'autres liens que ceux du sang et sont parfois obligées de cohabiter. Et même provisoirement, cela peut être l'enfer. Idit Cebula choisit de repeindre les murs de sa vie en rose bonbon. En une heure trente tout est résolu, les discordes, les critiques, les rancoeurs. Il y a toujours celui ou celle qui assure avoir plus de chagrin, celui ou celle qui s'est le plus occupé des parents alors que d'autres ont "fait leur vie", celui ou celle qui était le ou la préféré(e). Et c'est vrai, il y a tout cela dans une famille, et plus encore car ici la famille est juive et tout semble amplifié, plus démonstratif, plus exubérant. Et c'est sans doute ce qui fait le charme de ce gentil film où l'on rit pas mal.

    La réalisatrice n'élude pas le chagrin, et l'on sent bien qu'elle a vécu le drame de devoir vider la maison de ses parents. Le moment où l'on doit trier, éliminer, donner, garder devient celui où tout devient vital. Plonger le nez dans les vêtements, retrouver des saveurs, des senteurs, des moments oubliés, s'immerger une dernière fois dans l'enfance...

    Si Edit Cebula néglige un peu les conjoints réduits à de pauvres pantins compréhensifs que l'on écarte, les deux soeurs et le frère rivalisent de charme et de drôlerie. Il faut dire que Sandrine Kiberlain, grande bringue libre, bordélique, partie trouver ses racines en Israël, Emmanuelle Devos psychanalyste submergée par ses émotions et le départ de son fils du foyer et Richard Berry, grand frère qui retient son chagrin en se montrant agressif savent à la perfection alterner les instants comiques et ceux plus dramatiques de leurs personnages. 

  • LE QUESTIONNAIRE DU MIROIR

    J'ai été "taggée" (on dit bien comme ça ?) par la chasseuse, qui elle-même a répondu à l'invite de Ludovic, tenancier du blog Cinématique. A mon tour donc de me pencher sur ce challenge bigrement difficile : "répondre à des questions cinématographiques... consacrées à l'un des sujets favoris du cinéma (et du cinéphile) : lui-même. Identification et dédoublement, enchâssements et reflets, hommages et copies, mise en abyme ou simple micro dans le champ, voici donc le questionnaire du Miroir !"

    1. Avez-vous déjà accroché chez vous une affiche de film ?

    Celle-ci m'a suivie dès 1978 jusqu'à ce qu'à force de déménagements, de décollages et de recollages, elle tombe en lambeaux. Je dois par ailleurs à Ariane Mnouchkine de m'avoir permis de connaître Philippe Caubère et de ne rater aucun de ses spectacles dans la mesure où le sieur daigne quitter ses oliviers...

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    2. Quelle(s) affiche(s), placardée(s) à l’intérieur d’un film, préférez-vous ?
    Gilda dans Mullholand Drive. Mise en abyme...
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    3. Avez-vous une salle de cinéma régulière ?
    Forcément, n'étant pas parisienne, je n'ai guère le choix mais j'avoue que j'aime particulièrement MON vieux

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    du Centre Ville, mais je ne renie pas MON UGC et son grand parking...

    plus de 10 kms pour me rendre en salle quand même !!!

     
    4. Quelle salle de cinéma, présente dans un film, préférez-vous ?
    And the dream comes true...

     

    5. Avez-vous un souvenir marquant dans une salle de cinéma, n’ayant pas de rapport avec le film projeté ?

    Il m'arrive régulièrement de devoir rappeler aux mal embouchés que si un film ne leur plaît pas, c'est leur droit le plus strict de sortir de la salle !
     
    6. Avez-vous déjà assisté à un tournage ?
    Oui. J'ai tout raconté ICI.

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    7. Qu’avez-vous filmé dont vous soyez le plus satisfait ?
    Rien. Je ne fais que des vidéos du Warrior ou d'une Poupée...
     
    8. Avez-vous une anecdote véridique à nous conter, vous mettant en scène avec une personnalité du cinéma ?
    Mis en scène n'est pas le mot... mais j'ai quand même failli épouser fait rire Jean Marais... ou je l'ai rêvé !
     
    9. Quelle personnalité du cinéma aimeriez-vous rencontrer pour nourrir une telle anecdote ?
    Trop tard. Je crois que l'acteur/réalisateur que j'aime le plus depuis toujours est :
    paul newman
     
    10. Quel est le personnage cinématographique le plus proche de ce que vous êtes, ou de ce que vous avez été ?
    Mon biopic n'a pas encore été rédigé, mais je dirai que le personnage qui m'a le plus marquée, le plus bouleversée, que j'ai le plus compris, dont je me suis imprégnée telle une éponge est celui de Kirsten Dunst dans Melancholia, MA PALME D'or 2011. Et ce visage ravagé aurait pu être MA réponse à la question 13, mais "on" m'aurait taxée de plagiat :

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    11. Avez-vous une quelconque ressemblance physique avec une actrice ou un acteur ?

    Plusieurs personnes ne s'étant pas concertées m'ont déjà dit que je ressemblais à Susan Sarandon. J'ai honte de le dire car vous allez vous moquer. Franchement, j'adorerais... mais je n'ai jamais vu en quoi. Peut-être nos grands yeux étonnés par le vaste monde ?

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    12. Apparaissez-vous réellement dans un film ?
    Il y a bien bien longtemps, j'ai participé à UNE scène d'un film qui se tournait près de chez moi à Maubeuge... Oui je sais, silence ! Ils avaient besoin d'une fille de 18 ans qui avait le permis. Un cauchemar. Etant donné que mon paternel qui n'avait pas les pieds plats et ne me prêtait pas sa voiture chérie, j'avais le permis mais je ne conduisais jamais... Donc, on a dû refaire la scène au moins cinq fois. Je devais à peu près rouler sur 100 mètres et j'ai calé plusieurs fois. L'équipe était allemande et je ne comprenais pas bien ce qui se disait mais je crois qu'ils n'étaient pas enchantés de ma prestation. J'ai touché 50 francs ! Je suis partie sans demander de quel film il s'agissait... Wim si tu me lis ?
     
    13. Quel regard-caméra vous a le plus touché ?
    Je triche mais tant pis...

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    14. Quelle séquence en caméra subjective vous a le plus marqué ? 

     
    15. Existe-t-il un remake que vous appréciez ?
    Les Infiltrés de Martin Scorsese remake génial du non moins génial Infernal Affairs de Andrew Lau et Alan Mak 

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    16. Un que vous détestez ?
    Le bêta Temps d'un week end, soi disant remake du sublime Parfum de femme. Vittorio cte bombasse EST aveugle, AL JOUE à l'aveugle. Tu la sens la grosse différence ?

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    17. Quelle est votre image ou séquence favorite parmi celles faisant allusion, au sein d’un film, à un autre film ?
    Dans Heavenly Creatures de Peter Jackson, les deux "créatures" viennent d'aller voir Le Troisième Homme (chef d'oeuvre) de Carol Reed au cinéma et s'imaginent poursuivies par Orson Welles. Je suis un peu comme ça parfois... je continue de vivre le film dans la vraie vie... Et j'adore ces deux films en plus !

     

     

    18. Citez votre scène préférée parmi celles utilisant un miroir ?

    Fuck the fucking fuck...

     

    19. Avez-vous le souvenir d’une apparition involontaire de l’équipe de tournage à l’image ?

    Non. Il m'arrive d'apercevoir un micro malencontreux... mais une équipe entière !!! Non.

     

    20. Quelle est votre préférence parmi les actrices/acteurs ayant joué plusieurs rôles dans le même film ?

    Sans hésitation. Charlie Chaplin, à la fois Hynkel Adénoïde et le barbier juif dans Le Dictateur. Quelles prestations !

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    21. Quel est pour vous l’interprète idéal d’un personnage décliné par plusieurs films ?

    James Bond c'est : Sean Connery, Georges Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan, LUI

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    22. Parmi les cinéastes ayant fait l’acteur chez les autres, qui mérite d’être retenu ?

    François Truffaut chez Spielberg Rencontres du troisième type, aaaaaaah, sa voix quand il explique à Richard Dreyfus...

     
    23. Quelle apparition d’un réalisateur dans son propre film vous semble la plus mémorable ?

    Quand j''étais jeune c'était un véritable jeu de trouver Hitchcock apparaissant dans ses films. Ce qui n'était pas toujours évident. Aujourd'hui, n'importe quel réalisateur apparaît dans un de ses films sans que je sois prévenue et je m'exclame : "oh Quentin !!! Oh Peter !!!" J'adore ce jeu.

     
    24. Quel est à vos yeux le plus grand film sur le cinéma ?
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    Synopsis : Pour sauver de la faillite la vieille entreprise familiale de restauration de monuments, Andrea et Nicola partent faire fortune aux Amériques. Plein d'enthousiasme, les deux frères déchantent vite et connaissent rapidement la vie harassante des saisonniers. Pourtant, un jour la chance apparaît sous la forme d'un train chargé d'Italiens. Andrea et Nicola filent ainsi à San Francisco où se prépare l'exposition universelle de 1914. Ils vont rencontrer le célèbre D.W. Griffith qui va les engager pour la construction du décor de son prochain film.

     

    Je n'ai jamais revu ce film de Paolo et Vittorio Taviani qui date de 1987 mais je me souviens dans quel état j'étais en sortant : éblouie ! Et puis je suis tombée amoureuse de Charles Dance dans le rôle de D.W. Griffith et en général à ce moment là mon Jules dit : "de qui t'es pas tombée amoureuse ?", et je réponds : "de Gérard Butler (pas Rhett, Gérard), Sam Whortington, Jason Statham, Jeremy Renner, Ashton Kutcher, Russel Brand...".
    Merci de cliquer sur les noms, j'ai pris beaucoup de soin à choisir les photos pour l'air particulièrement inspiré et expressif des sus-nommés.
  • ZERO DARK THIRTY de Kathryn Bigelow °

    Zero Dark Thirty : affiche

    Et bien voilà, le récit de la traque d'Oussama Ben Laden, c'est fait. Il ne reste plus à Kathryn Bigelow qu'à faire le film qui démontre pourquoi cet assassinat n'a RIEN changé au terrorisme mondial puisque la dame prend tellement de recul par rapport à l'histoire. Ici il est donc question de l'acharnement 10 années durant de Maya, très jeune et très rousse agent de la CIA à traquer le responsable de l'attaque du W.T.C. et de la mort de 3 000 personnes le 11 septembre 2001.

    Cela commence par un chantage à l'émotion, à l'américaine. Alors que l'écran reste noir, on entend les derniers messages téléphoniques envoyés à leurs proches par certaines victimes juste avant de mourir. Gros potentiel lacrymal inside !

    Ensuite, ça s'arrange, le premier quart d'heure est consacré aux interrogatoires très musclés, disons la torture, d'un terroriste Ammar (notre français Reda Khateb qui aura donc sur son CV Kathryn Bigelow et les meilleures scènes du film, bravo !) par Dan, agent zélé des forces spéciales. Ammar détient des informations et des noms qui permettraient de faire avancer l'enquête. Maya assiste avec une légère moue de dégoût, son collègue est particulièrement raffiné dès qu'il s'agit de faire mal, mais en prend rapidement de la graine. Elle remplacera Dan en tant qu'experte ès tortures lorsque ce dernier préfèrera retourner faire bureaucrate à Langley Virginie (lol) écoeuré parce qu'on lui a tué ses singes (je ne peux tout vous révéler) !

    S'ensuit donc l'enquête... sur place là-bas au Pakistan, un peu aux Etats-Unis aussi. Et on apprendra strictement RIEN. C'est-à-dire que nous entendrons défiler toute une série de noms arabes qui deviennent chacun leur tour la bête à abattre mais susceptible de mener à Ben Laden. Le moment le plus intense du film est celui où les forces spéciales suivent en voiture un des messagers les plus proches de Ben Laden dans les rues embouteillées de Abbottabad. A plusieurs reprises la caméra se fixe sur le visage inquiet (traqué ?) d'un arabe... qui se révèle finalement être, attention je spoile... un agent de la CIA. MDR.

    Cela dit je n'ai pas dormi. J'ai pu constater une fois encore à quel point Jessica Chastain est magnifique et bien l'une de mes actrices américaines préférées actuellement, même si ici elle n'a qu'à prouver qu'elle peut être un homme comme les autres. Donc, zéro émotion et pas une seule expression sur le visage. Par ailleurs Jennifer Ehle est le sosie incroyable de Meryl Streep  et Mark Strong toujours aussi sexy.

    J'ai eu un regain d'intérêt lorsqu'enfin la maison présumée de Ben Laden est découverte. Et là, Jessica/Maya doit environ une dizaine de fois venir écrire au feutre sur la vitre du bureau de son chef le nombre de jours qui s'écoulent depuis la découverte de la maison et l'absence d'action programmée. J'ai failli rire. Mais ce n'était pas au bon moment.
    Quand enfin arrive le moment de l'attaque et là, Jessica/Maya doit tenir tête à des GI Joe méchamment burnés prêts à en découdre, je me suis dit que ça allait commencer à bouger. Et bien pas du tout, l'absence d'action et de tension fait peine à voir. Tout se passe dans le calme, le noir et le (quasi) silence... Et c'est à ce moment précis qu'il n'est pas interdit de rire franchement. GI Joe se poste derrière des portes et interroge : "Oussama ? Oussama ?"

    Pour une fois, je suis d'accord avec Pierre Murat, voilà ce qu'il dit : "Qui a envie de regarder un "Envoyé spécial" de deux heures trente-sept ?"

    Je crois que décidément je n'aime pas le cinéma de Kathryn Bigelow et j'avais été l'une des rares à trouver en son temps, son oscarisé Démineurs particulièrement nul !

  • AUJOURD'HUI de Alain Gomis ***

    Aujourd'hui : affiche

    Satché va mourir aujourd'hui. Il doit mourir. Les esprits sont venus le prévenir, ils viendront le chercher et il sait que ce soir il sera mort. Le premier moment de stupeur passé, Satché sort de sa chambre hébêté, abasourdi et découvre toute sa famille et ses amis réunis. Son père est triste mais fier de cet honneur. Son fils est un peu comme l'élu aujourd'hui. Sa mère est effondrée mais lui murmure "n'aie pas peur mon fils, n'aie pas peur". S'ensuit une étrange cérémonie autour de Satché, muet, à la fois troublé, satisfait puis déconcerté. Car les éloges font place aux reproches et Satché quitte la maison pour un dernier tour. Tout son quartier l'escorte en fanfare et lui offre des cadeaux, jusqu'à la lisière de la ville où il s'éloigne accompagné de son meilleur ami. Il va rendre visite pour un dernier adieu pas forcément chaleureux, à sa maîtresse, ses amis, à un vieux sage qui se chargera de sa "toilette"...

    Avant toute chose, ne pas chercher d'explication, la mort de Satché est inéluctable. Point. C'est le périple pour y mener qui est fascinant. Saul Williams n'est pas acteur, c'est un rappeur. Je ne le connaissais pas. Mais son beau visage est inoubliable et étant donné sa spécialité, il doit être un tchatcheur de première. Sa prestation est d'autant plus louable qu'il est ici pratiquement muet. Il encaisse tout. Les éloges avec un pudique sourire, les reproches avec un étonnement attendrissant.
    Et il traverse cette ville grouillante, agitée, fourmillante qu'est Dakkar, comme on traverse une vie. ( Et quel bonheur de voir une ville d'Afrique où des filles sexys, modernes, aguicheuses se promènent en ville en toute liberté !)
    Satché passe par toutes les émotions qu'on éprouve dans une vie. La plus spectaculaire étant pour moi celle où, brusquement pénétré par la peur ou l'angoisse ou l'appréhension de mourir... ses jambes ne le portent plus. J'ai vu ce film il y a plus d'une semaine... j'ai encore devant les yeux l'image de cet homme dans la foule dont les genoux fléchissent jusqu'à le faire défaillir. Très fort.

    La force des images, de l'agitation (Dakkar est en pleine mutation), l'idée que cet homme jeune va mourir, l'émotion que cela suscite, n'empêchent pas le réalisateur de nous proposer une scène burlesque, absurde. Satché se rend en retard à la cérémonie organisée en son honneur à la Mairie. Tous les invités sont partis. Il ne reste que les dignitaires embarrasés par cet invité improbable dont ils ne savent que faire ! Pathétique et tordant.

    A l'issue de ce périple, Satché rentre chez lui. Sa femme le repousse, évidemment elle sait que son homme n'était pas fidèle. Ses enfants l'ignorent d'abord. Et puis tout s'apaise. Satché joue avec ses enfants pour la dernière fois. Il profite pour la dernière fois d'une conversation (qu'on n'entendra pas) sur la terrasse avec sa femme soudain plus douce. Et c'est sereinement, tranquillement qu'il va se coucher.
    Et c'est beau.

  • THE MASTER de Paul Thomas Anderson ****

    The Master : affiche

    C'est décidé, je ne parviens pas à écrire à propos de ce film ! Et, dixit une chasseuse, je ne vais pas me mettre la pression pour autant n'est-il pas ? J'y parviendrai peut-être quand je l'aurai revu car oui, j'ai envie de le revoir, très. J'ai quand même envie d'essayer de vous donner envie d'avoir envie de le voir car je l'ai aimé. Passionnément.
    Evidemment, je suis Piti Anderson addict (et pas uniquement parce qu'il est très joli garçon, malgré un petit air souvent contrarié) depuis Booghie Nights. Qu'avec Magnolia forever il donnait une leçon de ce que peut être un film choral, un vrai. Que Punch Drunk Love est un grand film d'amour unique où l'amoureux dit à peu près à sa chérie "j'aime tellement ton visage que j'ai envie de le défoncer à coups de marteau" et que There will be blood est un film essentiel... Bref, la filmo de Paul Thomas Anderson est largement au-dessus du panier ordinaire et son Master m'a une nouvelle fois captivée de bout en bout.

    Le synopsis de ce Master : Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe...

    Ample, mystérieux, majestueux, splendide, ce film ne se contente pas d'être une merveille pour les yeux et les oreilles. Comme toujours la bande-son est soignée. La première demi-heure est un pur chef-d'oeuvre qui suffirait seule à se mettre à genoux !

    Les relations de maître et esclave, la dépendance réciproque de l'un à l'autre, le discours mégalo, la psychologie de bazar qui semble régler tous les problèmes et vous rendre accro en une seule séance, tout ici est too much. Et j'aime ce cinéma excessif qui ne serait bien sûr pas le même sans la direction d'acteurs qui donne une nouvelle fois à Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman l'occasion de cabotiner sans mesure.  Mais quand le cabotinage est porté à ce niveau, on peut parler d'art. Ce que fait Joaquin Phoenix ici, d'une maigreur prequ'inquiétante, est tout simplement génial. Et la prestation toute en douceur, sucre et miel d'Amy Adams effrayante en froide sainte-nitouche manipulatrice est à la hauteur de celle des garçons...

  • ALCESTE À BICYCLETTE de Philippe Le Guay **

    Alceste à bicyclette : affiche

    Après une carrière faite de succès et à la suite d'une dépression, l'acteur Serge Tanneur vit désormais reclus sur l'île de Ré dans une maison délabrée. Il ne veut plus entendre parler du métier et passe son temps à peindre des croûtes. Gauthier Valence acteur d'une série médicale à succès est tenté de monter Le Misanthrope de Molière et vient proposer à Serge le rôle de Philinte. Serge refuse d'abord, puis se laisse tenter à condition qu'en tirant à pile ou face, les deux hommes alternent les deux rôles d'Alceste et de Philinte. A l'issue de quelques jours de répétition, Serge dira à Gauthier s'il accepte le contrat ou pas. Gauthier s'installe sur l'Île et les répétitions commencent !

    Et c'est savoureux, jubilatoire, enthousiasmant. Les deux personnages s'affrontent, s'aiment, se détestent, s'admirent. Et les deux comédiens rivalisent de charme et de talent pour scander les alexandrins du Maître. Cabotinage et opportunisme se heurtent aussi. Fabrice Luchini a le contrôle parfait du dépressif cultivé, passionné par la langue de Molière. Qui mieux que lui peut incarner Alceste ce misanthope dont le "dessein est de rompre en visière à tout le genre humain" ? Et Lambert Wilson, malgré un improbable brushing (appelez-moi la coiffeuse !), alterne habilement comédie et théâtralité, fascination et opportunisme. Quelques piques bien senties sont proférées sur les métiers du septième art, sa dureté, ses hypocrisies et sur les tarifs indédents de l'immobilier dans la région.

    Mais pourquoi le réalisateur ne s'est-il pas contenté de nous offrir ces joutes verbales, ces répétitions passionnées et passionnantes ? Le film n'a par ailleurs rien d'un théâtre filmé puisque régulièrement les deux hommes s'évadent à bicyclette dans cette île somptueuse désertée hors saison. "C'est ce foutu pont qui a tout gâché" s'agace Serge/Luchini. Pourquoi Philippe Le Guay s'est-il senti obligé de s'égarer en mettant sur la route des deux hommes une femme chargée de jouer les trouble-fêtes et les psychologues de bazar ? Ce rôle inutile et misogyne, la dame étant évidemment une grande emmerdeuse avec un grand TEU mais forcément irrésistible, gâche un peu la fête et coupé au montage, aurait laissé au film une durée suffisante.

    Cela dit, avoir envie de (re)lire les tirades d'Alceste ne peut décidément pas faire de mal.

    «Sur quelque préférence, une estime se fonde,

    Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur

    On ne lâche aucun mot qui ne parte du coeur.

    J'entre en une humeur noire, et un chagrin profond,

    Quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font;

    Je ne trouve partout que lâche flatterie,

    Qu'injustice, intérêt, trahison, fourberie;

    Je n'y puis plus tenir, j'enrage, et mon dessein

    Est de rompre en visière à tout le genre humain

    Et c'est n'estimer rien, qu'estimer tout le monde".

  • LE SAC de Mike Zonnenberg

    le sac de mike zonnenberg

    Synopsis : En allant récupérer leur ballon sur un terrain vague, Léo et Paul trouvent un sac rempli de vignettes de foot. Ils décident de les revendre pour se faire de l'argent. Tout va pour le mieux pour Léo et Paul... Jusqu'à ce que le propriétaire du sac refasse surface...
     
    N'étant pas à Paris pour assister à la projection de ce court métrage à laquelle j'étais conviée :
     
    le samedi 26 janvier à 11h du matin au Cinéma des Cinéastes.
    Métro place de Clichy à Paris
     
    le réalisateur Mike Zonnenberg m'a néanmoins permis de le voir.
    En regardant la bande-annonce, vous aurez une idée du ton et de l'univers du réalisateur.
     
     
    Si comme moi vous aimez ce format de films courts qui parfois, comme c'est le cas ici, donne envie que son auteur puisse passer rapidement au long, je vous encourage vivement à vous rendre à la projection. A la fin de la bande annonce un lien conduit directement à la page réservation.
     
    Ce film fait partie d'une saga de courts métrages qui dépeignent la jeunesse ouvrière du Nord de la France. J'ai toujours eu beaucoup de mal à résister au moindre film qui évoque le Nord (les briques rouges sont ma deuxième madeleine après le western) mais ici j'avoue que j'ai été immédiatement intriguée par le côté bras cassés des deux héros qui se la racontent. Trouver par hasard un sac rempli de vignettes de foot et se considérer à la tête d'un trésor est vraiment tordant. Et l'on comprend immédiatement tout le second degré déployé ici puisque le réalisateur fait de ses deux anti-héros des dealers.
    Ce parti pris de burlesque, d'humour et de cynisme ne cherche pas à masquer quoi que ce soit car la réalisation est à la hauteur avec des plans audacieux, des ralentis, des cascades, des effets spéciaux, une bande son qui "déchire". Et l'environnement donne à l'ensemble un petit côté Ken Loach, pas moins.
    .....................
    Voici le lien vers la fanpage : http://www.facebook.com/SOCIALKIDSLesac 
    .....................
    Le créateur de la belle affiche est Thomas Lebeltel (clic sur son nom pour découvrir son blog).
  • DJANGO UNCHAINED de Quentin Tarantino ****

    Django Unchained : affiche

    En 1858 alors que la guerre de sécession n'a pas encore commencé aux Etats-Unis, un ex dentiste allemand, reconverti en chasseur de primes débarque dans son drôle d'équipage : un chariot coiffé d'une dent brinquebalante. Il achète et affranchit Django, un esclave noir qui pourrait l'aider à retrouver les frères Brittle. En échange, il lui promet la liberté dès que les frères seront hors d'état de nuire, Django étant le seul à savoir à quoi ils ressemblent physiquement. Django veut de son côté mettre à profit cette collaboration pour retrouver son épouse Broomhilda dont il fut séparé en raison du trafic d'esclaves. Et sur ce point Schultz peut aider Django. Séduit par le zèle et les dispositions de Django à éliminer les criminels recherchés, Schultz propose une collaboration. C'est ainsi que Django va devenir le premier et sans doute le seul ex esclave noir chasseur de primes. Les choses se compliquent dès lors que les deux hommes retrouvent la plantation dans laquelle Broomhilda est détenue, celle du puissant et cruel Calvin Candie, régentée par le non moins abominable Stephen, homme noir, traître à la cause et dévoué corps et âme à son patron.
    Ceux qui suivent ce blog depuis... bientôt 7 ans (en mars) à présent savent que j'ai été élevée depuis quasiment le berceau à coup de westerns et j'ai hanté les salles de cinéma dès l'âge de 5 ans. Même si je connais toutes mes princesses Disney sur le bout des doigts, ma madeleine à moi c'est le western. Genre que je chéris entre tous.

    Hommage, renouvellement ou renaissance peu importe. Celui-ci est du grand art, un vrai film d'auteur unique en son genre, extravagant et singulier. Un film qui dévaste tout sur son passage et imprime directement dans la rétine et les oreilles des images et des sons mémorables. Un film libre, insolent et ambitieux.Tarantino nous rappelle une fois encore à quel point le cinéma peut être ouvert et TOUT se permettre, sans limite. Dans ces Inglourious Basterds, c'est par le cinéma qu'il offrait à Shosanna la possibilité d'une vengeance juive sur les nazis en éliminant purement et simplement Hitler et ses plus fidèles collaborateurs. Ici il donne à des esclaves noirs la possibilité de se libérer de leurs chaînes et des blancs tellement convaincus de leur supériorité (démonstration faite crâne en main par Calvin Candie que les noirs ont la "bosse de la servilité" hyper développée). Mais l'effronterie ne s'arrête pas là et Tarantino offre une petite vengeance allemande en permettant à un acteur et personnage allemand d'observer la cruauté des américains blancs sur leurs semblables. C'est assez savoureux de voir ainsi s'affronter l'érudition du Docteur Schultz (Christoph Waltz, une nouvelle fois splendide et orateur hors pair) face à l'ignorance un peu crasse parfois de ses concitoyens étasuniens !

    Mais cette fois Tarantino ne refait pas l'histoire à sa sauce ketchup, pas plus qu'il ne nous livre un pensum indigeste et manichéen sur l'esclavagisme. Il n'y a pas d'un côté les gentils noirs contre les méchants blancs. Les personnages tarantinesques ont toujours suffisamment d'ambiguïté pour ne pas être ou tout blancs ou tout noirs. Ils ont toujours ce petit côté "basterd" qui les rend finalement plus humains donc plus cruels voire sadiques. Ainsi chacun a de bonnes raisons de se "servir" de l'autre pour arriver à ses fins. Django cherche comme nombre de personnages tarantinens à se venger alors que Schultz n'est que vénalité. Schultz n'hésite pas à tirer sur tout gêneur et commente ensuite son geste par une longue et implacable tirade explicative. Quant à Django, contraint de jouer le rôle improbable et inédit du noir chasseur de primes, il n'hésitera pas à assister à l'exécution, quasiment le martyre d'un de ses pairs pour convaincre. Cependant, il est évident que la complicité et la connivence de Schultz et Django évoluent peu à peu vers une amitié sincère, profonde et réciproque.

    Le réalisateur ne se contente pas non plus de se contempler en train de filmer un grand western dans des paysages somptueux avec ralentis, musique comme toujours idéale, sa réalisation est ample et magistrale, il parvient à faire de son affaire de mecs plus opportunistes les uns que les autres une grande histoire d'amour. Car quel est le but ultime de Django sinon de retrouver sa douce et sublime Broomhilda ? Et, que d'aventures et de sang versé ATTENTION SPOILER, clic gauche sur la souris si vous voulez lire avant de l'entendre prononcer ces mots : "It's me baby !" ?

    Alors bien sûr, c'est violent (très), bavard (très, très), mais aussi drôle (la scène du Ku Klux Klan est un sketche à mourir de rire !), très sérieux, délirant, extravagant, insensé. C'est du pur Tarantino, mais c'est plus et mieux encore que les autres fois. Dans quelle oeuvre cinématographique peut-on trouver un dandy allemand du far-west, un noir chasseur de blancs, un blanc sadique, une esclave noire qui s'appelle Broomhilda et parle allemand... une scène sublime où Schultz raconte à Django comment Siegfried héros wagnérien s'y prend pour retrouver sa bien-aimée Brünnhilde ?

    Et forcément, et comme toujours la direction d'acteurs est irréprochable tout comme la jubilation évidente des acteurs à faire partie de l'aventure tarantinesque. Christoph Waltz est magnifique. On pouvait craindre au début un copier/coller de son personnage du nazi Lambda des Inglourious. Il n'en est rien et son personnage est beaucoup plus subtil puisqu'il évolue et l'acteur incroyablement sobre. Jamie Foxx est impérial à ses côtés. Samuel L.Jakson se fond admirablement dans le rôle du "nègre" renégat. Et Leonardo DiCaprio assume avec délectation son premier rôle de méchant irrécupérable. Aucune rédemption, aucun remords pour son Calvin Candie. Ce garçon est décidément bien l'un des plus grands acteurs actuels. La preuve ! Les Oscar l'ignorent à nouveau et se contenteront sans doute de lui offrir à 85 ans un Oscar pour l'ensemble de sa carrière où l'on découvrira les plus grands noms de réalisateurs et quelques chefs-d'oeuvre, dont celui-ci.