Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Sur la Route du Cinéma - Page 561

  • Le Dahlia noir de Brian de Palma *

    Elizabeth Short, jeune starlette vient d’être assassinée, massacrée devrait-on dire (abominable le meurtre…) à Hollywood. Deux super flics/boxeurs ( !!!) se mettent sur le coup. Qui a tué Elizabeth ? Et pourquoi ???

    On s’en fout.

    Ça démarre plutôt bien, intrigues multiples tarabiscotées, ambiance rétro jazzy années 40, et finalement ça ne démarre jamais… Et De Palma plante le spectateur en chemin et on n’y comprend rien !

    Côté casting, Josh Hartnett n’a pas la carrure d’un détective, Scarlett Johansonn et Hilary Swank (sublimes actrices par ailleurs) ont beau fumer avec des fume-cigarettes, elles ne sont pas des femmes fatales.

    Visuellement (décor, lumière, costumes) : rien à dire c’est superbe.

  • Libero de Kim Rossi Stuart ***

    Ce n’est pas un film sur l’enfance maltraitée ordinaire car ici l’amour ne manque pas mais cet amour est tellement maladroitement exprimé qu’il fait parfois plus de mal que de bien. Tommi, petit garçon de 11 ans (inoubliable Allessandro Morace, la tristesse incarnée) vit avec son père et sa sœur. La mère un peu folle, devenue mère trop tôt les abandonne puis réapparaît repentante, les couvre de cadeaux, de promesses, puis disparaît à nouveau. Les séquelles indélébiles de ces incertitudes font que tous ces êtres, alors que leur préoccupation principale est de prendre soin les uns des autres, crèvent de solitude, de chagrin et d’amour.

    Quand les adultes perdus et blessés font de leurs enfants leurs confidents, c’est douloureux, c’est injuste mais c’est humain et ce film crève-cœur sans pathos est écorché vif.

    Kim Rossi Stuart, acteur récemment sublime dans « Romanzo criminale » devenu réalisateur ne se contente pas de jouer de sa beauté, il s’offre le rôle complexe et limite, ambigu et pas vraiment sympathique du père fou de ses enfants mais complètement bancal, colérique, totalement imprévisible. C’est courageux.

    Allez voir ce film fort, pudique, complexe dont l’étude des situations et des caractères frôle la perfection et emportez en mémoire le visage d’un petit garçon magnifique qui s’accorde le droit de pleurer enfin !

  • Un ange est passé à l'Olympia...

    A quoi tient la magie d'un concert ? Difficile à expliquer quand il s'agit d'Antony.
    Imaginez un colosse de près de deux mètres qui veut être un oiseau ou une fille et qui est parfois les deux ! Sur scène il s'entoure de 8  musiciens (violon, violoncelle, piano, saxophone, hautbois, guitare, clarinette) et de vrais instruments. Sa voix est un instrument supplémentaire qui fait frissonner, et son histoire d'espoir et de blessures fait pleurer un public qui communie en harmonie ! Antony risque, ose et réussit l'exploit d'imposer jusqu'à ses silences à une salle médusée, conquise par sa présence, sa douceur, sa fragilité et sa force.
    Ecoutez-le, c'est un ange !

  • Un petit quizz concernant

    ce film (et ce livre) que j'ai tant aimés :

    LE SEIGNEUR DES ANNEAUX.

    medium_l_anneau.jpg
    Voici les bonnes réponses que vous trépignez de connaître

    I – Quel âge a Bilbo dans le premier volet ?

    111 ans

    II – Comment s’appelle la créature qui attaque la Communauté dans les mines de la Moria ?

    Un balrog

    III – Combien y a t’il d’anneaux en totalité ?

    20

    IV – Quel est le vrai nom de Gollum ?

    Sméagol

    V – Où Frodon doit-il détruire l’anneau ?

    A la montagne du Destin

    VI – Qui tue Saroumane ?

    Grima langue de serpent

    VII – De qui Aragorn est-il le descendant ?

    Elendil

    VIII - Question la plus difficile… à votre avis, quel est mon personnage préféré ?

    Boromir... Mon goût pour les héros sacrifiés au nom des causes perdues...

  • Scoop de Woody Allen ***

    Woody revient une fois de plus, et avec quel bonheur (pour lui, pour ses acteurs et pour nous spectateurs) à la comédie policière délirante et échevelée.

    Une jeune étudiante en journalisme, Sondra, sert de cobaye pour un numéro au magicien Splendini. Enfermée quelques instants dans un caisson, elle y croise le fantôme d’un journaliste mort récemment qui lui livre un scoop.

    Sondra et le magicien vont s’associer pour résoudre l’énigme.

    L’idée est ébouriffante, le reste est effervescent. Les deux apprentis détectives vont-ils réussir à déchiffrer les indices laissés par le serial killer ou « Tueur au Tarot » ? Le bel aristrocrate Peter Lyman (Hugh Jackmann… il fait très très chaud !!!) est-il impliqué dans cette série de meurtres ?

    Woody Allen retrouve sa nouvelle muse, Scarlett Johanson, très à l’aise pour jouer les ravissantes idiotes (« si nos deux cerveaux se choquent, ça risque de sonner creux ») et adopter le rythme verbal à la fois hésitant et abondant du maître. Elle est déchaînée, dynamique, énergique et drôle.

    Quant à Woody… j’ai toujours trouvé que ses films dans lesquels il est également acteur avaient quelque chose en plus. Conscient de vieillir, même s’il semble toujours considérer cela comme une injustice, il renonce ici à jouer les amoureux transis auprès d’actrices dont il pourrait être le père ou le grand-père… et s’offre un rôle paternel de protecteur sur la personne et le personnage de Scarlett qu’il appelle, avec plein de tendresse « Ma chérie » ; ça lui va à merveille.

    Quant aux répliques, elles sont toujours ciselées comme on les aime (pour ceux qui aiment) et c’est lui qui les a mieux que quiconque en bouche. C’est un festival :

    « je suis né hébraïque mais je me suis rapidement converti au narcissisme »,

    « je n’ai jamais pris un gramme, mon angoisse me sert d’aérobic ».

    Détail d’importance, pour la deuxième fois consécutive, nous sommes à Londres et non à New-York.

    C’est léger tout en étant brillant et captivant et on ne compte pas les éclats de rire ! Que demander de plus ?

    Woody, encore et encore !

  • Ne le dis à personne de Guillaume Canet***

    Je vous reparle de ce film que je vous avais présenté en avant-première parce que c'est important pour un film (et son avenir) de le voir rapidement. Celui-ci, vaut vraiment le coup.

     

    Amis d’enfance, Alex et Margot sont mariés pour le meilleur. Un soir Margot est sauvagement assassinée par un serial killer alors qu’Alex qui tente de la sauver est brutalement assommé. Anéanti, Alex se consacre uniquement à son travail de pédiatre. Huit ans plus tard, il reçoit un e-mail anonyme qui lui montre un film où Margot apparaît ! Dès cet instant, retrouver Margot devient l’obsession et la priorité d’Alex.

    Le spectateur, tout comme, Alex n’aura plus une seconde de répit jusqu’à la dernière seconde tant les embûches et les intrigues à tiroir s’empilent et s’emmêlent !

    La première chose dont il faut remercier et féliciter Guillaume Canet est de ne jamais perdre le fil de son intrigue. Certes il nous embrouille à maintes reprises et on se prend même à craindre que ces péripéties ne retombent comme un plat soufflet dans une grande déception, ce qui arrive souvent dans ces histoires labyrinthiques qui ne sont pas maîtrisées jusqu’au bout. Ce n’est pas le cas ici, le réalisateur ne lâche ni son histoire, ni son personnage, ni son spectateur. La tension croissante est maintenue jusqu’au final, relancée et entretenue par une succession de scènes sidérantes et assez virtuoses dont une course-poursuite (à pied) hallucinante sur le périphérique parisien, une autre où François Cluzet se retrouve enfermé dans une benne à ordures en compagnie d’un rat (depuis Kill Bill 2, je n’avais pas vécu de scène claustrophobique plus flippante) etc…

    L’autre atout majeur de ce film captivant est évidemment l’immense et merveilleux François Cluzet, acteur marathonien (il court, il court…) plus que parfait, il porte ce film avec son énergie, sa discrétion et son intensité. Au-delà de sa prestation extraordinaire, il faut rendre gloire au prestigieux casting de luxe qui illumine le film. Curieusement, et fait rarissime, TOUS les nombreux personnages, même les plus secondaires ont une partition essentielle à jouer. Aucun n’est oublié en chemin. Ecoutez ce casting de rêve : Marie-Josée Croze, André Dussolier, Kristin Scott Thomas, Nathalie Baye (sublime), François Berléand (parfait), Jean Rochefort, Gilles Lelouche (mention spéciale pour ce rôle et cette interprétation sidérantes), Jalil Lespert, Olivier Marchal, Florence Thomassin, Marina Hand, Philippe Lefèvre, Brigitte Catillon… Guillaume Canet s’offre même un petit rôle, casse-gueule, difficile, totalement à contre-emploi qu’il dit lui-même n’avoir osé proposer à personne…

    Notons également ce détail suffisamment remarquable pour être évoqué : l’incroyable noirceur du propos où l’on brasse tueur en série, torture, pédophilie et l’extraordinaire lumière du film idéalement accompagné par la guitare vraiment magique de Mathieu Chédid.

    Guillaume Canet étant incorrigiblement romantique nous offre finalement un grand film d’amour enveloppé dans l’écorce d’un thriller haletant, énergique et sans temps mort.

    Mille fois bravo.

  • La Californie de Jacques Fieschi**

    Encore un film ovni qui vaut surtout pour ses acteurs, des premiers aux seconds rôles, mais pas seulement. Une bonne surprise.

    Contrairement à son titre, l’histoire se situe en France, où La Californie est un quartier résidentiel de Cannes. Maguy dilapide ce qui lui reste de fortune dans une maison chic. Elle boit beaucoup, sort énormément et s’ennuie encore plus. Elle est entourée d’une douce et joyeuse bande de parasites qu’elle entretient. Elle les considère tantôt comme sa famille, tantôt comme ses employés. Les heurts sont inévitables avec cette femme capricieuse, lucide et pathétique.

    C’est terriblement sombre, infiniment désespéré, vraiment incroyable.
    Que dire de Nathalie Baye ? Elle est drôle, touchante, agaçante, blessée. Elle est magnifique, elle est sublime. Quant à Roschdy Zem, il est la douleur et la tristesse incarnées, sorte de bombe à retardement qui donne l’impression qu’il va exploser à tout instant.

    Deux acteurs immenses de cette force et de cette beauté, c’est impressionnant.

    Pour Ed., voici Roschdy Zem, un des merveilleux acteurs de "Indigènes"... plus merveilleux de film en film : un acteur immense qui fait faire des booms au coeur !

  • Le plus sauvage d’entre tous de Martin Ritt ***

      

    A la demande générale de Ed., lassée de mes effets spéciaux qui tanguent, et en attendant mon retour dans les salles… voici La révélation ou, comment tout a commencé entre lui et moi !

    Je m’offre la coquetterie de ne pas parler de l’année de ce film mais il se trouve que c’est le premier que j’ai vu avec Paul Newman (à la télé noir et blanc de l’époque…), affectueusement et familièrement appelé depuis « Mon Paulot » !

    Avec le recul du temps qui a coulé sous le Pont Mirabeau, je comprends mieux l’inquiétude de mes parents qui se demandaient pourquoi je n’étais pas plus attirée par « La mélodie du Bonheur » ou « Mary Poppins » mais encore et toujours aimantée par les westerns . Il se trouve que ce film est un drame étonnant où, dans un vieux ranch à l’abandon, se déchirent un père rigide et pas affectueux et un fils (Paul Newman) forcément écorché, que l’absence d’amour de son père a rendu insensible, rebelle, voire violent. Tout ceci est observé par une gouvernante (Patricia Neal, magnifique, plus une midinette) dévouée et troublante. C’est un western moderne à l’ambiance lourde. Aucun manichéisme ne vient stigmatiser les personnages qui ne sont ni aimables, ni détestables. On y parle peu, on s’observe et quand on se parle, c’est pour se dire des horreurs.

    Alors que « La fureur de vivre » de James Dean m’avait paru peu réaliste et que je n’avais rien compris à « L’équipée sauvage » de Marlon Brandon… je découvrais médusée, fascinée et séduite à jamais : Mon « Rebel without a cause ».

    Plutôt que de se laisser enfermer dans des rôles auxquels aurait pu le cantonner son physique, Paul Newman ose des personnages ambigus et déplaisants. Il est ici vraiment antipathique, misogyne, alcoolique et pourtant… !

    Le film lumineusement photographié évolue dans un climat pesant et n’offre aucune rédemption de dernière minute au « héros ».