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Sur la Route du Cinéma - Page 315

  • L'HOMME QUI RIT de Jean-Pierre Améris ****

    FILM DE CLÔTURE DE LA MOSTRA DEL CINEMA - VENISE 2012

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    Ne vous réjouissez pas trop vite, je continue encore de me gondoler quelque temps et ne suis d'ailleurs pas pressée de rentrer.

    Mais je tiens néanmoins à vous dire quelques mots à propos de ce film qui me tient particulièrement à coeur et que j'ai donc vu samedi en clôture de la Mostra de Venise. Il est évident que je vous en reparlerai jusqu'à plus soif au moment de sa sortie nationale le 26 décembre prochain.

    Le film est inspiré de l'oeuvre dense, complexe, passionnante et intimidante de Victor Hugo. Une histoire terrible et incroyable. Celle de deux enfants. L'un Gwynplaine défiguré dès son plus jeune âge par une cicatrice qui donne à son visage un sourire permanent, victime des comprachicos qui a l'époque enlevaient ou achetaient les enfants, les mutilaient pour les exposer comme des monstres. L'autre Déa, une fillette aveugle que Gwynplaine a sauvée de la mort une nuit de tempête. Les deux enfants abandonnés, orphelins sont recueillis pas Ursus, un saltimbanque, philosophe et guérisseur. Sous des dehors rugueux et misanthrophe le vieil homme dissimule des trésors de tendresse et de bonté. Incidemment, il découvre que le visage du garçon provoque l'hilarité et c'est ainsi que le spectacle de "L'homme qui rit" voit le jour. La petite troupe sillonne alors avec bonheur les routes d'Angleterre. Gwynplaine et Dea s'aiment et deviennent inséparables, sous l'oeil bienveillant et inquiet d'Ursus qui sait que pour vivre heureux il est préférable de vivre cachés. Les foules se pressent pour découvrir Gwynplaine, lui assurent une célébrité sans cesse croissante jusqu'à arriver aux oreilles de la Cour...

    D'emblée il faut écarter l'idée de l'adaptation à la lettre d'une oeuvre littéraire grandiose et colossale. Il s'agit ici de la vision d'un réalisateur à propos d'une histoire qui le hante depuis ses quinze ans. L'histoire de deux adolescences meurtries par la différence. Alors que le handicap de Dea aveugle semble vécu sereinement, Gwynplaine souffre de son apparence. Comment en étant à ce point différent, monstrueux, trouver sa place dans ce monde et être heureux ? Rien que l'idée d'évoquer cette douleur, celle de ne jamais se sentir à sa place suffit à me bouleverser. Et le film l'est, bouleversant, par la grâce de cette vision personnelle qui transforme l'oeuvre, sans jamais la trahir, en un conte horrifique, terrifiant sans pour autant négliger un humour apaisant alors que le drame pèse inéluctablement. Et par celle d'acteurs véritablement habités par la beauté et la puissance de leurs personnages. Chacun semble avoir compris que "La vie n'est qu'une longue perte de tout ce qu'on aime". Malgré cette menace qui les nargue, Gwynplaine s'abandonne un temps à l'illusion d'être accepté sans masque, malgré sa différence et à celle encore plus folle de changer le monde puisqu'il obtient soudainement le pouvoir de siéger au Parlement. Sa diatribe face à la Reine et aux parlementaires : "Ce qu'on m'a fait, on l'a fait au genre humain", puissante, bouleversante vire à la farce. Des bouffons ridicules le remettent à sa place, trop tard.

    Dans un décor de carton pâte assumé, revendiqué, Jean-Pierre Améris ne cherche pas la réconstitution historique. On ne verra donc pas de "carrosses rouler devant des châteaux du XVIIIème siècle". On restera plutôt concentrés sur les personnages principaux et leurs visages, même si l'ambiance "timburtonnienne" évoque Edward aux Mains d'Argent et la mer synthétique celle admirable du Casanova de Fellini. Mais qu'on ne s'y trompe pas, le sublime, génial, inoubliable Joker composé par Heath Ledger s'inspire totalement de l'Homme qui rit de  Victor Hugo (et non l'inverse). Il n'y a donc rien de paradoxal à ce que le "masque" de Gwynplaine l'évoque de façon aussi troublante. Mais alors que le Joker blessé aussi au plus profond de sa chair n'aspire qu'au mal, Gwynplaine est d'abord un jeune héros courageux qui a sauvé une fillette, puis un homme honnête qui rêve de justice et d'amour. Marc-André Grondin incarne avec une belle présence inquiète et naïve cet être meurtri, aimé au-delà de ce qu'il espère et totalement ébloui par cet amour.

    Emmanuelle Seigner belle et cruelle Duchesse se servira un temps de Gwynplaine pour surmonter un ennui abyssal et l'utilisera comme une distraction. Elle verra en lui le véritable miroir de son âme noire. "Ce que tu es dehors, je le suis dedans". Et l'actrice offre à son personnage une intensité et une fêlure touchantes qui évoquent la Madame de Merteuil des Liaisons Dangereuses. 

    Dea est la jeune fille pure qui aime et protège Gwynplaine, parfois malgré lui. Elle connaît l'essentiel invisible pour les yeux. Elle ne peut comprendre que Gwynplaine craigne qu'elle ne l'aime plus si elle  venait à découvrir sa laideur. "Comment peux-tu être laid puisque tu me fais du bien ?". Christa Théret, une nouvelle fois surprenante incarne avec une grâce magnifique cet ange aveugle, simple et vertueux. Elle est d'une expressivité réellement impressionnante empruntée aux grandes actrices du muet. Et ici comme une réincarnation, jusque dans ses gestes de la Virginia Cherril des Lumières de la ville de Charlie Chaplin.

    Quant à Gérard Depardieu, jamais aussi bon que dans les grands classiques qui ont contribué à sa gloire, il est ici exemplaire de sobriété. D'une présence forcément imposante, il laisse néanmoins toute la place à ses partenaires et à cet ange fragile et gracile qu'est ici Christa Théret. Et pourtant chacune de ses apparitions alternativement drôles ou bouleversantes le rendent une fois encore inoubliable dans ce rôle de père déchiré, impuissant à sauver ses enfants de leur destin.

    Jean-Pierre Améris nous saisit donc dès la première image implacable et cruelle et ne nous lâche plus jusqu'au final poignant. Il concentre son histoire en une heure trente, sans digression inutile accompagnée d'une musique ample et idéale. Et c'est à regret que l'on quitte ces personnages follement romanesques et romantiques. 

  • UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE

    Le film de clôture que je verrai donc tout à l'heure est "L'Homme qui rit" de Jean-Pierre Améris (tiré du roman de Victor Hugo) et pour ceux qui suivent ce blog depuis des années, ils savent qu'entre Jean-Pierre et moi c'est une longue et belle histoire. Il était le Président du Jury du Festival d'Annonay lorsque j'en étais un des huit membres cinéphiles. Quand je vous dis et répète chaque année qu'il faut tenter votre chance... Cela dit, je ne pense pas que tout le monde puisse avoir la chance de "tomber" sur un Président aux qualités humaines hors normes, fidèle en amitié, attentionné... tel que Jean-Pierre Améris (j'en ai testés d'autres depuis... non, je ne citerai pas de nom). Depuis nous sommes restés en contact. Nous nous voyons une ou deux fois par an en fonction de certains événements cinématographiques. Il m'a invitée sur le tournage d'un de ses films "Maman est folle"... Bref, pour faire  court... aujourd'hui, grâce à Jean-Pierre et à Audrey, secrétaire de production, j'ai pu assister à la Conférence de Presse, au cocktail... ! C'est pour ce genre de moments aussi que le cinéma est formidable. Je vous donnerai davantage de détails lorsque j'aurai vu le film et surtout lorsqu'il sortira en France en fin d'année. Les thèmes de la monstruosité, de l'apparence, de l'amour sont abordés, ainsi que la gloire, la déchéance, le théâtre, la solitude...

    En attendant, voici quelques photos. En vrac, Jean-Pierre Améris, Christa Théret, Marc-André Grondin, Emmanuelle Seigner et des inconnus sur le tapis du photo call :-)

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  • CHIUSO PER FERIE

    Je débranche et vous raconterai plus tard. Soyez sages !P9020046.JPG

    L'étrange affiche (ci-dessous).

    Si vous avez une explication à propos du rhino... faites votre rédaction à ce sujet !

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    Venise au petit jour (c'est le warrior qui s'est levé, pas moi) :

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    Notre arrêt de bus :

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    Les messes  sont rock à Venise (Le Pavarotti, c'est le curé... Dimanche prochain on va à la mese !!! Oui.)

     

    Et une étrangeté pour conclure, MON Paulot guérit la leucémie !!! ça tombe bien.

     :-)

    venise,vacances

    A presto...

  • MOSTRA

    à la demande générale...

    à suivre,

    de la star, du pipole qui sert à rien, du gossbo, du drame, du talon de 12, un sosie, de la gastronomie, du rêve, et très peu de texte parce que j'ai autre chose à faire :-)

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    UN GOSSBO... si quelqu'un sait qui sait !!!

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    FLORENCE LOIRET-CAILLE

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    UN SOSIE... en moins bien !

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    ZAC EFRON... grand moment d'hystérie pré-pubère !

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    FRANCESCO ROSI et sa canne, acclamé. Lion d'Or d'Honneur pour l'ensemble de sa carrière.

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    MICHAEL CIMINO, le choc, des heures à m'en remettre ...

    Et La Mostra réhabilie son chef-d'oeuvre absolu, sans équivoque, dans sa versoin director's cut, La Porte du Paradis qui avait subi en son temps ce qui fut sans doute la plus grande injustice de toute l'histoire du cinéma.

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    PHILIP SEYMOUR HOFMANN

    mostra del cinema,venise 2012

    JOAQUIN PHOENIX toujours très avenant

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    GAMBAS, INSALATA MISTA préparés par vous savez qui !

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    Du haut du campanile San Giorgio Maggiore, j'ai même pas eu peur de l'altitude !

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  • BROKEN de Rufus Norris *** - DAVID ET MADAME HANSEN de Alexandre Astier ** - DARK HORSE de Todd Solondz **

    Il me reste peu de temps pour vous parler des films que j'ai vus et qui valent le détour. Je vous propose donc un bref aperçu de ce que j'en ai pensé.

    Portez-vous bien en mon absence car si pour vous l'été et les bienfaisantes vacances ne sont plus qu'un souvenir, pour moi, ils ne font que commencer... ENFIN !

    Soyez sages, allez au cinéma et ne lâchez rien !

    BROKEN de Rufus Norris ***

    Broken : photo Eloïse Laurence, Tim Roth

    Les menaces grondent de toute part autour de Skunk, pré-ado de 11 ans ! Elle n'est guère rassurée par son frère aîné qui lui assure que son entrée en sixième sera un cauchemar. Et brusquement dans cette période transitoire, même son quartier semble devenir hostile. Son voisin Rick, un peu fêlé du bocal mais inoffensif se fait tabasser par un autre voisin tout récemment veuf et père de trois filles qu'il tente de protéger. Bizarrement, c'est Rick que la police vient arrêter. Il faut dire que les trois pestes délurées et perturbées par la mort de leur maman sans doute, passent leur temps à racketer leurs camarades d'école, à les rosser à la sortie de classe ou à accuser les hommes qu'elles rencontrent de les avoir violées. Un garçon de passage et un tout nouveau prof (Cillian Murphy...) offriront à Skunk ses premiers émois amoureux. Le diabète de type I qu'elle combat depuis la naissance lui causera quelques tracas...

    Malgré les catastrophes en cascade qui s'abattent sur Skunk, son entourage, son quartier... il serait dommage de passer à côté de ce (premier) film pas vraiment réjouissant mais étrange et attirant. La première scène où un bébé très agité dans une couveuse est apaisé par la main de son papa qui se pose sur son front donne néanmoins le ton et l'on comprend qu'il y aura beaucoup d'amour dans cette histoire. Et puis par la grâce d'une petite actrice d'une dizaine d'années, rayonnante, craquante, au sourire irrésistible, gloire à Eloïse Laurence (...) et à un acteur immense (par le talent) ici paternalissime et d'une douceur incroyable, Tim Roth, le film devient fort et attachant.

    DAVID ET MADAME HANSEN de Alexandre Astier **

    David et Madame Hansen : photo Alexandre Astier, Isabelle AdjaniDavid et Madame Hansen : photo Alexandre Astier, Isabelle Adjani

    Madame Hansen-Bergmann souffre d'une amnésie intermittente suite à un violent traumatisme (que nous découvrirons beaucoup plus tard). Elle est placée dans une clinique suisse très chic. Le protocole de soins prévoit qu'elle puisse sortir parfois accompagnée d'un membre de l'équipe soignante et avec un programme précis. Tout nouvel ergothérapeute dans cette clinique et pas vraiment à cheval sur le règlement, David finit par céder aux pressions de sa patiente qui s'ennuie pour détourner un peu le protocole.

    C'est le propre des personnes entreprenantes et audacieuses de s'aventurer là où on ne les attend pas. Alexandre Astier, artiste multi-cartes et multi-fonctions, devant, derrière la caméra et au pupitre de la très jolie partition musicale est de cette trempe. Et son film bénéficie et souffre de son trop plein d'énergie, de talent et d'imagination. Du côté des "moins", je placerai le dernier quart d'heure qui vire hélas à la psychologie de bazar et offre une (presque) résolution miraculeuse des problèmes. Par ailleurs, ne pas connaître le traumatisme de Madame Hansen n'aurait nui en rien à l'entreprise. Et même si on lui souhaite évidemment d'aller mieux, que ses progrès surgissent par l'agilité d'un ergothérapeute qui justement ne paraissait pas très doué n'est pas très crédible.

    Par contre, on ne remerciera jamais assez Alexandre Astier (excellent acteur, bougon, boudeur et drôle) d'avoir choisi Isabelle Adjani pour être sa madame Hansen. La star s'est totalement fondue dans l'univers et le langage abrupt du réalisateur. Elle est drôle, déconcertante, brutale, hautaine, méprisante. Elle manie l'insulte avec brio. Et on la retrouve telle qu'on l'aime, capable de brisures soudaines. D'une fragilité incroyable et envahie soudain d'une détresse déchirante (qu'hélas Alexandre Astier explique un peu maladroitement) Isabelle Adjani est semblable à la "Elle" de l'Eté meurtrier (30 ans déjà !) où elle pouvait passer de façon étonnante voire inquiétante de la joie à une tristesse inconsolable !

    Les fans d'Astier et d'Adjani peuvent être aux anges ! Ils sont à leur meilleur.

    DARK HORSE de Todd Solondz **

    Dark Horse : photoDark Horse : photoAbe,

    Abe est gros, paresseux, pas bien malin et pas bien sympathique. Il a la chance de travailler dans l'agence de son père, agent immobilier. Mais son incompétence égale sa fainéantise. Il rencontre Miranda, malade et déprimée qui vit aussi chez ses parents. Elle n'a aucune attirance pour Abe mais accepte quand même de l'épouser.

    Pas grand chose à dire de ce film un tantinet soporifique dans lequel il est bien difficile d'éprouver de l'empathie pour son héros, alors qu'il aurait dû (normalement) provoquer beaucoup de compassion compte tenu de la façon dont il est traité par son entourage. Je ne sais à quoi cela tient. A l'acteur sans doute ou au personnage pas bien intéressants.

    Mais il y a dans ce film un Acteur grandiose et qui explose l'utilisation de tous les superlatifs dont je suis capable tellement il est merveilleux. Hélas comme il se fout de ses fans inconditionnelles et de sa carrière en pointillés, il n'apparaît jamais que dans des seconds rôles, qu'il rend géniaux certes mais qui sont insuffisants à combler le manque. Son dernier GRAND rôle il le tenait auprès de Leo dans Attrape-moi si tu peux. Mais où est le Ray de Nos Funérailles, le Nicolas de The Deer Hunter, le Capitaine Koons de Pulp Fiction, le Nathan de La porte du Paradis... sans oublier Dead Zone, Milagro, Le Prince de New-York... Ce qui fait quand même quelques chefs-d'oeuvre à son actif, je suis d'accord.

    Quant à Todd Solondz, il semble s'être endormi sur ses lauriers. Il ne dérange pas, peut-être parce qu'il n'est pas ici question de pédophilie. Mais pour savourer cet artiste à sa juste valeur, mieux vaut découvrir ou redécouvrir les fabuleux et étonnants Palindromes et Life during wartime.

  • SEMPLICE POUR FINIR L'ÉTÉ

    oui tellement simple que j'ai presque honte de vous proposer ce jeu. Retrouvez le titre des films à partir de ces photos.

    UNE SEULE RÉPONSE À LA FOIS PAR PERSONNE.  

    ON NE REJOUE QUE LORSQUE J'AI VALIDÉ LA RÉPONSE.

    GAME OVER. Merci.

    1

    LES DIABLESSES trouvé par Aifelle

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    2

    LES AILES DE LA COLOMBE trouvé par Florence

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    3

    SENSO trouvé par Johan

    jeu cinéma 

    4

    NIKITA trouvé par flo

    jeu cinéma

    5

    MORT A VENISE trouvé par Fréd

    jeu cinéma

    6

    10 HIVERS A VENISE trouvé par Fréd

    jeu cinéma

    7

    LA PETITE VENISE trouvé par marion

    jeu cinéma

    8

    CASINO ROYALE trouvé par marion

    jeu cinéma

    9

    THE TOURIST trouvé par marie

    jeu cinéma 

    10

    LES AMANTS DE VERONE trouvé par Benoît

    jeu cinéma

    11

    LE GUIGNOLO trouvé par Yohan

    jeu cinéma

    12

    NOS MEILLEURES ANNEES trouvé par marine

    jeu cinéma

    13

    SUMMERTIME trouvé par Benoît Gautier

    jeu cinéma

    14

    CASINO ROYALE trouvé par marinejeu cinéma

    15

    ETRANGE SEDUCTION trouvé par Florence

    jeu cinéma

  • MADAME SOLARIO de René Féret **

    Madame Solario : photo Cyril Descours, Marie FéretMadame Solario : photo Marie FéretMadame Solario : photo Cyril Descours, Marie Féret

    Dans un luxueux hôtel sur les rives du Lac de Côme en 1906, des aristocrates plus ou moins fortunés s'enviennent passer l'été et laisser libre court à leur goût des intrigues. La venue de Madame Solario, jeune, belle, ruinée et scandaleuse parce que récemment divorcée d'un homme qui aurait pu être son père met un peu de piment dans le quotidien de ces oisifs. L'arrivée inopinée d'Eugène Ardent, le frère de Madame Solario qu'elle n'a pas vu depuis de longues années, décuple encore l'inclination naturelle de cette société à jacasser sous cape. Eugène et Nelly (qui se fait appeler Natalia !) prennent rapidement conscience de l'emprise naturelle qu'ils exercent sur les autres. Ils s'associent pour séduire de riches partis qui leur permettraient de renflouer leur compte en banque. Sans compter que les sentiments qui unissent le frère et la soeur sont eux aussi scandaleux et vont les obliger à fuir.

    Très friande du cinéma délicat et parfois un peu suranné de René Féret, cette Madame Solario est une déception. La faute en grande partie à Marie Féret (fille de...) jusqu'alors mystérieuse et ici bien peu crédible en femme fatale. On a beaucoup de mal à admettre qu'elle soit responsable de cette hécatombe de jeunes hommes qui voient en elle la femme rêvée. Son physique d'une autre époque est idéal mais son non-jeu lui donne un air totalement fuyant comme si la plupart du temps elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait ! Dommage car autour d'elle, il y a le troublant Cyril Descours, hélas affublé d'une ridicule moustache, Salomé Stévenin coquette et virevoltante. Ces deux là semblent être des professionnels solides perdus au milieu d'un casting d'amateurs. La palme revenant à un acteur (vraisemblablement) russe Andreï Zayats dont le jeu catastrophique a bien failli déclencher mon hilarité !

    Bien que l'ensemble soit par instants légèrement soporiphique, il faut reconnaître que les décors (pas de Roger Hart), les costumes (pas de Donald Cardwel), l'environnement chic et idyllique du Lac de Côme, les dialogues raffinés, les moeurs affectés et hypocrites plongent le spectateur indulgent dans une atmosphère vaporeuse qui n'est pas sans rappeler le cinéma de James Ivory, époque Chambre avec vue, Howards End, Vestiges du jour. Et procurent surtout une irrésistible envie de découvrir le roman de Gladys Huntington dont le film est tiré et qui doit être beaucoup plus troublant que ce que l'on découvre à l'écran. Et rien que pour ça...

  • À PERDRE LA RAISON de Joachim Lafosse °

    A perdre la raison : photo Emilie DequenneA perdre la raison : photo Emilie Dequenne, Tahar RahimA perdre la raison : photo Baya Belal, Emilie Dequenne, Niels Arestrup, Tahar Rahim

    Avec beaucoup de surprise et d'émotion Mounir découvre qu'il ne peut plus se passer de Murielle. Il veut l'épouser et "faire sa vie" avec elle. Murielle, heureuse et lumineuse jeune femme, par ailleurs prof de français, accepte. Mounir prend cette décision sans même consulter le Docteur Pinget, le père adoptif grâce à qui il a pu vivre en France depuis son enfance. C'est aussi celui qui a épousé la soeur de Mounir afin qu'elle obtienne des papiers français. Le Docteur Pinget est un "homme bien", généreux. Il assure à Mounir une vie matérielle confortable et après avoir manifesté une légère et très chic réticence -le docteur Pinget est un homme raffiné- ("tu vas quand même pas épouser la première qui te suce") accepte que Murielle vienne s'installer avec eux dans l'appartement. Pour le mariage, le bienfaisant Docteur Pinget offre le voyage de noces aux tourtereaux. Les inconscients acceptent le cadeau, à condition (accrochez-vous au pinceau, je retire l'échelle) qu'il les accompagne !!! Et ainsi va la vie et Murielle se met à pondre un enfant chaque année, une fille, une autre fille, une troisième fille et... enfin, un garçon ! Le rêve pour papa et beau-papa ! Et tout ce petit monde s'entasse dans un minuscule deux-pièces étouffant jusqu'à l'asphyxie qui ne va pas tarder à suffoquer Murielle sans qu'elle parvienne réellement à mettre des mots sur son mal-être croissant ! Le déménagement dans une vaste demeure immaculée ne changera rien à l'affaire. Quand c'est trop tard, c'est trop tard.

    Avec ce film est née une nouvelle catégorie : le film exécrable, agaçant auquel j'ai l'impression que même le réalisateur n'a rien compris. Et moi non plus, tant je me sens en décalage avec la dithyrambe quasi générale.

    Déjà, si comme moi vous n'avez jamais entendu parler de Geneviève Lhermitte dont l'histoire effroyable inspire le film, restez-en là et ne lisez rien, ni ici ni ailleurs car vous risquez de perdre 99% de l'effet de surprise qu'il pourrait effectivement susciter. Et éventuellement l'émotion. Hélas, en ce qui me concerne, et moi qui ai pourtant la larme si facile au cinéma, mes yeux et mon coeur sont restés secs. Et pourtant c'est un calvaire, un chemin de croix, une descente aux enfers qu'il nous est donné à observer ici, en voyeurs. Je n'avais qu'une envie, traverser l'écran et arracher, le personnage et Emilie Dequenne à ce cauchemar. Je me suis longtemps demandée jusqu'où le réalisateur repousserait les limites. Quel plaisir sadique il prenait à démolir, enlaidir et torturer son actrice, admirable Emilie Dequenne et à nous imposer ces épreuves ? J'aurais aimé, comme rarement ça m'est arrivé, être le Président d'un Tribunal et condamner à perpétuité deux hommes (et trois avec le réalisateur tant que j'y suis) pour non assistance à personne en danger qui ne cesse d'appeler au secours.
    "On" va me dire que je juge. Et juger c'est LE mal. Je sais et je m'en fous. Sauf que vraiment je ne comprends pas à quoi sert ce film. Qu'est-ce que le réalisateur a bien voulu faire passer comme messages, comme sensations, comme sentiments ? En gros, où veut-il en venir ? A quoi sert ce film ? Vraiment. C'est un cauchemar sans subtilité. Tout est lourd, prévisible. Les personnages masculins sont des caricatures sans la moindre nuance, réduits chacun à un seul et unique trait de caractère. Mounir est vélléitaire, inconsistant, hésitant. Le Docteur Pinget abusif, envahissant, parfois colérique comme un enfant qui taperait du pied. Rien jamais ne viendra nuancer leur attitude.

    Devant ces deux abrutis monstres, une femme abandonnée sombre misérablement dans une dépression abyssale sans qu'aucun d'eux jamais ne vienne à son secours. Au contraire, ils semblent prendre un plaisir pervers à l'enfoncer davantage. Mounir en disparaissant pendant des semaines car môssieur a besoin de repos, le Docteur Pinget en humiliant Murielle de ses piques assassines, "pour qui tu te prends ?", "enlève ça, tu es ridicule", "tu crois que c'est bon pour tes enfants de te voir comme ça ?" Et la musique baroque, le Stabat Mater de Haendel entre autre, vient encore enfoncer le clou d'une réalisation patapouf pour nous signifier massivement à grands coups de contrepoint, que le drame qui sourd ne va pas tarder à nous jaillir en pleine face. A ce titre, la petite fille qui rampe vers son supplice pour monter l'escalier est encore une démonstration sadique de la finesse ambiante !

    Et ce ne sont pas les vagues discours prétendûment accusateurs sur le colonialisme, le gentil blanc tout puissant (et tout de blanc vêtu d'ailleurs) s'en vient sauver les pauvres maghrébins reconnaissants, qui vont rehausser le niveau ! Mais je crois que ce qui m'exaspère le plus est que la folie de Murielle soit explicitement affirmée. Or, c'est évident, elle est tout sauf folle. Et non, Murielle n'a absolument pas perdu la raison !

    Cependant, dans ce salmigondis aberrant, il y a trois acteurs prodigieux. Tahar Rahim fabuleux dans son aveuglement, Niels Arestrup dans son numéro parfaitement rôdé de grincheux autoritaire et magnifique et surtout Emilie Dequenne dans une composition inqualifiable tant ce qu'elle fait et donne ici est au-delà de ce que peu d'actrices ont réussi à offrir jusqu'ici !