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Oui, quand j'aime sauf exceptions c'est pour la vie. Je n'ai pu résister, etaprès l'enchantement de chaque instant vécu il y a deux mois tout juste je suis retournée m'enivrer des paroles et de l'ambiance très particulière, vaporeuse, aérienne et mystérieuse auprès du "Dandy, un peu maudit, un peu vieilli". A ma grande surprise, le concert n'était pas le même, pas complètement les mêmes chansons (sauf les incontournables...), pas les mêmes enchaînements et apartés avec le public. Mais la même intensité, la même profondeur, le même charme empreint de mélancolie, d'une certaine tristesse et plus encore de cette sensation inexorable et accablante que le temps passe, impitoyable et qu'il y a urgence à faire le prochain album comme il nous le confie avec ses deux amis/musiciens, bidouilleurs de sons et d'extases.
Il émane de Christophe beaucoup de douceur, de gentillesse, d'angoisse aussi. Et quand il évoque la découverte de Brassens et du blues alors qu'il était tout jeune "j'avais douze ans et ma tête a explosé", on comprend mieux que son univers si étrange, si envoûtant, tellement unique en fasse un artiste jamais rassasié de conquêtes et de trouvailles, un homme habité par des anges et des démons. Et puis il y a cette voix, à nulle autre pareille. Intacte. Dont les modulations entre le grave et l'aigü provoque frissons et vertiges.
Et comme j'ai dû foutre un gros bordel batailler ferme avec le vigile de l'entrée qui a appelé le sous-chef de la sécurité qui a appelé le chef de la sécurité qui a appelé l'adjointe du chef régisseur qui a appelé le régisseur en chef... pour que j'entre avec mon appareil photos... Je vous en fais profiter...
James Miller est un écrivain britannique qui donne une conférence à Florence (Italie) à propos de son dernier ouvrage qui évoque les relations entre l'original et la copie d'une oeuvre d'art. A l'issue de la causerie il retrouve une française qui vit à Florence et tient un magasin d'art. Elle n'a pu assister en totalité à la conférence à cause de son sale moutard qui tapait du pied parce qu'il voulait son hamburger avec double frite et ketchup ! L'homme et la femme se rendent à Lucignano, petit village comme la Toscane en recèle tant et devant lequel on ne peut que tomber foudroyé d'amour. Regardez :
Il s'agirait donc de distinguer l'original de la copie en s'interrogeant doctement devant un tableau et s'extasiant dans tel musée qui dévoile depuis deux siècles une oeuvre qui n'est en fait que sa copie ! Mais alors, on nous spolie ? Et si la copie était plus "belle", plus vraie, plus tout ce que vous voulez que l'original ? Et si le véritable original de la Joconde (pour parler d'un tableau que tout le monde connaît) était en fait Mona Lisa elle-même ? C'est-à-dire la personne ! Celle qui s'appelle Mona Lisa, hein ? ça vous la coupe sévère là non ? Et comme ici il s'agit d'un film, oeuvre du 7ème art, comment distinguer la réalité de la fiction ? Est-ce que l'une dépasse ou rattrape l'autre ?
S'il faut faire une dissertation je pourrais commencer par affirmer que "l’œuvre est dans le regard de celui qui la contemple" mais aussi qu'il n'existe rien qui "entende" autant de conneries bêtises qu'une oeuvre d'art et ajouter que ceux qui la contemplent feraient souvent mieux de se taire. Mais ce serait vraiment dommage car l'un de mes grands plaisirs dans un musée est bien d'écouter les commentaires pédants érudits des contemplateurs. Et ce film est l'illustration suprême de ces bavardages pontifiants mais ô combien hilarants. Sauf que m'ennuyer au cinéma est beaucoup moins plaisant que m'extasier devant la prétention, et me désoler de mon ignorance sans doute mais peu importe.
A quoi donc tient que j'aie trouvé ce film absolument assommant ? Pas à la caméra amoureuse de Monsieur Kiarostami ni à la Toscane en tout cas. Et puis les comédiens sont très beaux. Juliette Binoche est en effet plus belle que jamais, bien coiffée/décoiffée, bien (dé)maquillée, vêtue d'une robe en soie et d'un soutien-gorge très visible qui aura un rôle primordial..., elle est toujours championne du monde toute catégorie pour passer du rire aux larmes dans le même plan. Et William Schimell, chanteur d'opéra de son état, dont c'est le premier film, a beaucoup de prestance et énormément de culot pour passer son temps à repousser consciencieusement Juliette.
Mais ça ne tient pas la route, je n'y ai pas cru. Tout sonne faux dès leur première rencontre. Dans la première partie du film, l'homme et la femme sont censés ne pas se connaître mais ils partent ensemble en voiture (Abbas, champion du monde palmé des films en voiture) et je n'ai jamais vu deux adultes consentants être autant agacés par la présence, les remarques et les répliques de l'autre.
Dans la seconde partie, à la suite d'un malentendu, une serveuse de café les prend pour mari et femme. Ils ne démentent pas et se mettent à jouer le rôle d'un couple vieux de 15 ans qui a mille choses à se reprocher. S'ensuit une scène de ménage interminable où l'on se demande comment l'un et l'autre peut "encaisser" ce que l'autre lui dit sans le planter là sans autre forme de procès. Au milieu de cette querelle parfois surgissent des jacasseries autour de tel tableau ou telle statue au milieu d'une place.
Que le couple de la première partie ne finisse pas dans le même lit me paraît très sage, que le second se sépare, plus avisé encore.
Quant à Juliette, si belle... il m'a semblé pour la toute première fois qu'elle "récitait" son texte et qu'elle était atteinte des mêmes tics et rictus insupportables isabellhupperiens. A surveiller.
Mais je ne voudrais pas vous détourner d'un film devant lequel beaucoup s'extasie et je vous livre ci-dessous l'avis éclairé de Didier Péron de Libération (c'est du miel !!!) :
"Le babillage n'est probablement qu'un leurre pour dresser soudain dans le vide démeublé d'une fin d'après-midi le bilan moral des expériences et des émotions encloses dans le seul réceptacle mystérieux des visages que la caméra du cinéaste ne quitte presque jamais du regard une vérité immortelle se fait jour et, sans phrase ni pitié, nous transperce le coeur".
en 1994, la face de la cinéphilie mondiale en eût sans doute été modifiée à tout jamais... ou peut-être pas !
Alors, comme dit Niko de Filmosphère, "Ça ne sert à rien mais l’exercice est amusant", j'approuve et confirme avec Cyrano que "c'est bien plus beau lorsque c'est inutile", et puisque Fred me demande de m'y coller, c'est avec un plaisir non dissimulé, ravissement et délectation que je m'en vais vous refaire 62 années de palmarès à la mode Huppert en tenant uniquement compte de mon avis à moi personnellement en tant que je et Présidente Despote et Tyrannique !
Désolée pour ceux qui avaient déjà laissé des messages sur les autres notes mais j'ai préféré faire un "TOUTENUN", en rassemblant les 62 années de festival. Je sais que cela fait une note interminable mais tant pis, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à revisiter tous ces films.
UN PROPHETE de Jacques Audiard (qui a dit quelle surprise !!!)
ex aequo (oui j'ai le droit, d'autres l'ont fait avant moi)
LES HERBES FOLLES de Alain Resnais.
Tahar Rahim, meilleure révélation de tous les temps (depuis Casey Affleck) et André-vous m'aimez-Dussollier, sublime ont raison de "Woodstock", "Les Etreintes brisées", "Looking for Eric", "Inglourious basterds", "Le ruban blanc", "Bright star"... et je passe sous silence ENTER THE VOID les films que je n'ai pas aimés...
2008 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
TWO LOVERS de James Gray
ex aequo UN CONTE DE NOËL de Arnaud Desplechin
Sean Penn est devenu fou en ignorant ces deux splendeurs, l'acteur époustouflant qu'est Joachim Phoenix et le casting renversant d'Un conte de Noël.
2007 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
NO COUNTRY FOR OLD MEN de Ethan Coen et Joel Coen
Parce que l'ange de la mort interprété par un saisissant Javier Bardem est incontournable mais comment ignorer "De l'autre côté", "Le scaphandre et le papillon", "Blueberry night", "Les chansons d'amour", "Persepolis", "Zodiac" ou encore "Paranoïd Park" ? Le film primé par Stephen Frears "4 mois, 3 semaines et 2 jours" ne m'a par contre pas convaincue du tout par contre .
2006 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
THE WIND THAT SHAKES THE BARLEY (Le vent se lève) de Ken Loach
Parce que ce film, l'histoire invraisemblable de l'Irlande et de ces deux frères qui deviennent ennemis m'ont transportée mais quand même, quelle année !!! : "Babel", "Le Labyrinthe de pan", "Flandres", "Le Caïman", "Indigènes", "Marie Antoinette", "Quand j'étais chanteur", "Red road", "Volver"...
2005 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
THE THREE BURIALS OF MELQUIADES ESTRADA (Trois enterrements) de Tommy Lee Jones
ex aequo LAST DAYS de Gus Van Sant
Le premier parce que cette affaire/histoire de rédemption, de "punition" est bouleversante, le second parce que j'ai tant pleuré à voir Michaël Pitt tomber, tomber et tomber encore...
2004 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
2046 de Wong Kar Waï
Et pourtant, beaucoup de merveilles cette année là : "Clean", "Nobody knows", "Carnets de voyage", "The edukators", "Exils", "Farenheit 911" primé, "Old boy", "La vie est un miracle"...
2003 - J'aurais attribué la PALME D'OR à
MYSTIC RIVER de Clint Eastwood
Osez prétendre que ce film n'est pas parfait ! Et puis non, gardez ça pour vous, j'ai les nerfs fragiles.
2002 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
IRREVERSIBLE DE Gaspar Noé
Parce que ce film choc est un coup de poing (et réciproquement) qui allie violence insoutenable, horreur absolue et une infinie douceur. Par contre prix d'interprétation incontestable pour Adrien Brody "The pianist".
2001 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
MULHOLLAND DRIVE de David Lynch
Parce que ce film labyrinthe est une folle histoire d'amour, pourtant j'ai pleuré des rivières à "La chambre du fils" de Nanni Moretti.
2000 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
IN THE MOOD FOR LOVE de Wong Kar Waï
Parce qu'une histoire d'amour si intense où le summum de l'érotisme est dans deux mains qui se frôlent, parce que la musique, les robes démentes de Maggie Cheung, la sexitude de Tony Leung, je n'avais jamais vus. Mais j'ai quand même versé des torrents de larmes à "Dancer in the Dark" et j'accorde sans hésitation le prix d'interprétation à la divine Björk bien qu'elle soit islandaise...
1999 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
TODO SOBRE MI MADRE (Tout sur ma mère) de Pedro Almodovar.
Sans l'ombre d'une hésitation. Pour moi, almodovariste convaincue, le plus grand, le plus beau, le plus bouleversant Almodovar.
1998 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
CEUX QUI M'AIMENT PRENDRONT LE TRAIN de Patrice Chéreau
Malgré l'insupportable scène d'hystérie de Valeria Bruni-Tedeschi et malgré le choc jamais égalé depuis par "Festen", le film de Chéreau est infiniment précieux pour son histoire, son casting, sa direction d'acteurs qui en rend certains magiques (Vincent Pérez, Pascal Greggory), la voix de Trintignant...
1997 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
THE BRAVE de Johnny Depp
Etrange palmarès d'Isabelle, très austère cette année là ("L'anguille" et "Le goût de la cerise"). Je choisis donc ce très beau film de Johnny Depp, oublié, méconnu, boudé, hué...
1996 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
BREAKING THE WAVES de Lars Von Trier
A l'insupportable Brenda Blethyn et sa voix qui me perfore les tympans, je préfère la folle histoire du fol amour sacrificiel de Bess et la bouleversante Emily Watson (et Katrin Cartlidge...), juste devant le délire des frères Cohen "Fargo".
1995- J'aurais attribué la PALME D'OR à :
UNDERGROUND d'Emir Kusturika
Je suis d'accord avec La Présidente Jeanne Moreau, ce film sur l'histoire d'un pays en guerre, si loin et si proche de nous recèle des trésors d'humanité et une idée de scénario absolument sidérante.
1994 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
PULP FICTION de Quentin Tarantino
Vous pensiez peut-être que je contredirais le président de cette année là ? Non. De toute façon ce film là, je ne m'en lasse pas. Tout y est innovant et caractéristique de son réalisateur, le montage, le scénario, la musique, la direction d'acteurs... Tout. Mais j'avoue que "Vivre" est mon film préféré de Zhang Yimou et "La Reine Margot" un de mes chouchous de Patrice Chéreau.
1993 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
MA SAISON PREFEREE de André Téchiné
"Mon" Téchiné préféré. L'histoire "transgénérationnelle" pour faire pompeux est tout à fait réaliste et plus que ça. Catherine Deneuve y est divine et le couple qu'elle forme avec Daniel Auteuil, amoureux de sa soeur, prodigieux.
1992 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
HOWARDS END (Retour à Howards End) de James Ivory
Malgré le démentiel plan séquence de "The Player" d'Altman, je choisis les amours difficiles, la délicatesse et l'hypocrisie des personnages d'Howards End.
1991- J'aurais attribué la PALME D'OR à :
LA DOUBLE VIE DE VERONIQUE de Krzysztof Kieslowski
Parce que tout m'a semblé parfait dans ce film, l'histoire bouleversante pleine d'amour et de mystère, l'actrice sublime Irène Jacob (le jury de Roman Polanski lui a d'ailleurs accordé le prix d'interprétation), Krzysztof Kieslowski, et la musique envoûtante de Zbibniew.
1990 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
WILD AT HEART (Sailor et Lula) de David Lynch
Ce fut très dur de choisir parce qu'il y avait "Cyrano de Bergerac" en compétition, mais j'aime trop ces deux brindezingues de Sailor et Lula. Et Nicolas Cage qui imite Elvis ! (il y avait même un Clint en compèt.).
1989 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
DOM ZA VESANJE (Le temps des gitains) d'Emir Kusturica
C'est à partir de ce film que je suis devenue fan inconditionnelle de Kustu... jusqu'à récemment. Wim Wenders a préféré le surestimé "Sexe, mensonges et vidéo" et l'insignifiant James Spader, chacun ses goûts. Au moins avons-nous découvert l'indispensable Steven...
1988 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
BIRD de Clint Eastwood.
Il y en a que ça gêne ???
1987 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
CHRONIQUE D'UNE MORT ANNONCEE de Francesco Rosi
Injustement boudé alors que ce film est une merveille, que Rupert Everett et Anthony Delon y sont magnifiques, et que ce dernier aurait dû faire une superbe carrière après ce film. Mais le Président Montand a donné à Maurice Pialat, homme en colère, l'occasion de lever le poing et c'est tant mieux aussi.
1986 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
THE MISSION de Roland Joffe
Parce que ce film est magnifique (l'un des meilleurs rôles de feu Robert de Niro), que pour rien au monde je ne contesterais une décision de Sidney Pollack et que cette année est particulièrement fournie en films magnifiques ("After Hours", "Down by law", "I love you", "Le lieu du crime", "Tenue de soirée", "Thérèse"...).
1985 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
PALE RIDER de Clint Eastwood
Bien qu'il n'ait pas eu besoin de palme pour mettre en route la légende vivante...
1984 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
PARIS TEXAS de Wim Wenders
qui me semble incontournable et Dirk Bogarde, président, ne s'y est pas trompé. Ne serait-ce que pour la divine guitare de Ry Cooder.
1983 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
LA LUNE DANS LE CANIVEAU de Jean-Jacques Beneix
Parce que j'adore ce film, que la lune et Gérard Depardieu n'y ont jamais été aussi beaux et puis c'est tout.
1982 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
HAMMET de Wim Wenders
Pourtant rien ne m'a transcendée cette année là qui a vu la consécration du très politiquement cannois "Missing", mais j'ai de loin préféré ce pochtron de Frederic Forrest et sa jolie bouche... et puis j'étais occupée à tout autre chose cette année là...
1981 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
HEAVEN'S GATE (LA PORTE DU PARADIS) de Michaël Cimino
Encore bien des merveilles présentes cette année ("Beau père", "Les chariots de feu", "L'homme de fer", "Excalibur", "Les uns et les autres", "Passion d'amour", "Quartet", "Possession"...) mais lorsque Cannes présente un authentique chef d'oeuvre, l'un des plus beaux films jamais réalisés, je n'hésite pas. Et là encore quel casting. Mais le jury a totalement ignoré ce film. Shame on Jacques Deray.
1980 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
MON ONCLE D'AMERIQUE de Alain Resnais
et ce, bien que j'aie adoré à l'époque "All That jazz" de Bob Fosse, primé par Kirk Douglas, mais qui a très mal vieilli au point même de devenir risible (malgré l'extraordinaire et très sexyRoy Scheider. Alors que le film d'Alain Resnais est intemporel. Quel vertige que ces humains pris comme rats de laboratoire ! Et puis quel casting et quelle audace, quelle somptueuse idée que Roger Pierre dans le rôle principal.
1979 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
APOCALYPSE NOW de Francis Ford Coppola
et je suis presque d'accord avec La Présidente de l'année Françoise Fabian qui avait fait de "Le tambour" de Volker Schlöndorff un ex-aequo. Cela devient de plus en plus difficile puisque la même année concourraient "Les moissons du ciel" de Terrence Malick, le Grand Embouteillage", "La drôlesse", "Les soeurs Bronte", ''Norma Rae", "Série Noire"...).
1978 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
MOLIERE d'Ariane Mnouchkine (tant pis pour l'Arbre aux Sabots primé par Alan J. Pakula... mais quelle année incroyable Cri de Femme, L'empire de la passion, Une femme libre, Rêve de singe, Le retour, La femme gauchère, Midnight Express, Violette Nozière...)
Mais ma passion pour Molière, Philippe Caubère, Ariane Mnouchkine et ce film somme, boudé, hué mais jamais égalé aurait eu raison de tous les arguments. Et cette affiche a trôné en bonne place chez moi pendant des décennies.
1977 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
PADRE PADRONE de Vittorio et Paolo Taviani
et je suis en cela d'accord avec le président de cette année, Roberto Rosselini, car ce film fut pour moi une révélation, une émotion intense pour la toute jeune fille/cinéphile que j'étais. C'est cette année là en découvrant cette merveille que je me suis jurée ne plus jamais rater une Palme D'Or. Je n'ai depuis jamais pu écouter ou entendre la valse de Strauss sans penser à ce film, à ces montagnes, à cet acteur, à Gavino Ledda... Hélas je n'ai pas trouvé l'extrait que je souhaitais et celui-ci sera sans doute compliqué pour ceux qui ne parlent pas italien... mais moi, il m'a donné le frisson, et c'est bon...
1976 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
MR. KLEIN de Joseph Losey (j'ai hésité avec Taxi Driver et Cria Cuervos)
parce que chaque fois que je vois Alain/Klein monter dans le train j'ai envie de l'en empêcher et que cette scène est l'une des plus "osées" que j'ai jamais vue, que tout ce film est un chef d'oeuvre et Alain Delon IMMENSE.
1975 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
PROFUMO DI DONNA (Parfum de femme), bien que Jeanne Moreau ne soit pas d'accord.
parce que Vittorio Gassman est l'un des amours de ma vie et que dans ce film il est PRODIGIEUX.
1974 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
MAHLER de Ken Russel
parce que la vie tourmentée des génies musicaux me passionne, parce que Ken Russell est lui-même un grand malade, parce que Robert Powell et Mahler tout simplement.
1973 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
THE EFFECT OF THE GAMMA RAYS ON MAN IN THE MOON MARIGOLDS (De l'Influence des Rayons Gamma sur le comportement des marguerites) de Paul Newman
parce que Paul Newman et puis c'est tout.
1972 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
JEREMIAH JOHNSON de Sydney Pollack (malgré Nous ne vieillerons pas ensemble de Maurice Pialat)Anders
parce que ce film est un chef d'oeuvre tout simplement et Robert Redford à son zénith, et puis l'écologie...
1971 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
JOHNNY GOT HIS GUN de Dalton Trumbo (et pourtant cette année là, je ne peux ignorer Mort à Venise, Raphaël ou le débauché, Panique à Needle Park, Le Messager... mais il faut choisir)
parce ce film traumatisant n'a pas son pareil.
1970 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
LES CHOSES DE LA VIE de Claude Sautet
parce que Claude Sautet est incontournable et ce film un crève coeur.
1969 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
IF de Lindsay Anderson
parce que j'étais folle in love de Malcom McDowel et que la révolte des jeunes de ce lycée me paraissait vraiment révolutionnaire...
1968 - Il n'y a pas eu de festival cette année là... Enfin, il a été interrompu au bout de quatre jours pour cause de révolution française, mais j'aurais attribué la PALME D'OR à :
JE T'AIME, JE T'AIME de Alain Resnais
parce que les histoires d'amour qui finissent mal en général, j'aime !
1967 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
L'INCOMPRESO (L'incompris) de Luigi Comencini
J'ai dû être italienne dans une vie antérieure. Et j'aime pleurer au cinéma. Plus je pleure, plus le film est bon. C'est mon critère.
1966 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
DOCTOR ZHIVAGO (Le Docteur Jivago) de David Lean
Je sais, ça ne se fait pas... un film aussi romantique avec une Palme. Mais c'est moi la présidente alors je fais ce que je veux et puis, même après 25 000 visions, je l'aime toujours autant et j'en connais chaque réplique. Tant pis.
1965 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
LA 317ème SECTION de Pierre Schoendoerffer
parce que je l'ai revu récemment et que ce film est une "tuerie" sur une connerie de guerre, et puis l'évolution des rapports entre Bruno Krémer et Jacques Perrin sont bouleversants de pudeur.
1964 - J'aurais attribué la PALME D'OR en accord avec Fritz Lang au film :
LES PARAPLUIES DE CHERBOURG de Jacques Demy
parce que j'aime ce film à la folie, que j'en connais chaque chanson, que Catherine toute jeunette est divine, que de toute façon TOUS les films de Jacques Demy sont "palmables" et que "je ne pourrai jamais vivre sans toi"...
1963 - J'aurais attribué la PALME D'OR, et le jury de l'époque n'a pas hésité non plus, à :
IL GATTOPARDO (Le Guépard) de Luchino Visconti
parce que Tancrède/Alain est divin et que ce film et son bal sont un chef d'oeuvre. Décidément le cinéma italien...
1961 - J'aurais attribué la PALME D'OR à :
LA CIOCIARA de Vittorio de Sica
parce que j'ai tant aimé le cinéma italien (qui se relève depuis quelques années). Parce que les histoires d'amour difficiles, les grands drames lyriques et Jean-Paul Belmondo...
1960- J'aurais attribué LA PALME D'OR en accord avec le jury de l'époque Présidé par Georges Simenon à :
LA DOLCE VITA de Federico Fellini
parce que Marcello, parce que la Fontaine de Trévi, parce que Federico, parce que Rome, tout ça !
1959 - Mon Grand Prix aurait été attribué à :
LES QUATRE CENTS COUPS de François Truffaut
parce que je n'ai rien vu à Hiroshima et que pour le coup d'essai d'un tout jeune homme c'était un coup de génie, parce que Antoine Doinel et cette scène déchirante et le regard de Jean-Pierre Léaud inoubliable :
1958 - Mon Grand Prix aurait été attribué à :
THE LONG HOT SUMMER (LES FEUX DE L'ETE) de Martin Ritt (et pourtant j'adore le prix attribué cette année là à "Quand passent les cigognes" de Mikhaïl Kalatozov, grand film d'amour)
Parce que c'est l'un des premiers films que j'ai vu avec Paul Newman bad boy IRRESISTIBLE et que je suis tombée amoureuse de lui pour l'éternité.
1957 - Mon Grand Prix aurait été attribué à :
THE SISSI, DIE JUNGE KAISERIN (SISSI IMPERATRICE) de Ernst Marischka parce que ça me fait mourir de rire que ce film, le plus kitsch, le plus naïf, le plus neuneu qui soit ait pu être sélectionné et aussi parce que je l'ai vu mille fois
1956 - Mon Grand Prix aurait été attribué à :
THE MAN WHO KNEW TOO MUCH (L'homme qui en savait trop) de Alfred Hitchcock de John Sturges
parce que je suis allergique aux petits poissons et che sera sera !
1955 - Mon Grand Prix aurait été attribué à :
BAD DAY AT BLACK ROCK (UN HOMME EST PASSE) de John Sturges
parce que quand le cinéma condamne le racisme, la bêtise c'est bon.
1954 - Mon Grand Prix aurait été attribué à :
FROM HERE TO ETERNITY (TANT QU'IL Y AURA DES HOMMES) de Fred Zinnemann
parce que qui se souvient ou a entendu parler de "Jigoku-mon" (La porte de l'enfer) de Teinosuke Kinugasa ? Par contre qui a oublié que "nobody kissed me the way you do", hein qui ? Et puis quel casting !
1953 - Mon Grand Prix aurait été attribué (et je suis d'accord avec le palmarès cette année là) à :
LE SALAIRE DE LA PEUR de Henri Georges Clouzot
Parce qu'un film qu'on peut voir, revoir et rerevoir sans jamais se lasser est une évidence, parce que c'est en cas de danger que la vraie nature de l'homme se révèle, parce que la misère et l'exploitation sont au coeur du film et que la fin... comme s'il ne s'était rien passé est édifiante.
1952 - Mon Grand Prix aurait été attribué à :
VIVA ZAPATA de Elia Kazan
Parce que Marlon Brando déguisé en Zorro c'était bon, que la scène finale est saisissante et que Kukaratcha...
1951 - Mon Grand Prix aurait été attribué à :
ALL ABOUT EVE (EVE) de Joseph Mankiewicz
Bien que là encore j'aie vu peu de films de cette année, celui-ci me semble incontournable tant il est une somme sur l'arrivisme, les actrices vieillissantes, qu'il faut se méfier des oies blanches, que Bette Davis est sublime et puis, c'est l'une des premières apparitions de Marilyn.
1950 : pas de festival.
1949 : Mon Grand Prix aurait été attribué, sans hésitation aucune et sans même me préoccuper des autres films en compétition j'ai dit que je faisais ma Huppert oui ou non ? à :
THE THIRD MAN (Le Troisième Homme) de Carol Reed
parce qu'il est un des meilleurs films de tous les temps, parce que l'apparition d'Orson Welles dans l'ombre puis la lumière est une des premières émotions érotiques de ma vie devant un écran, que la fin unhappy absolument sidérante d'une femme qui snobe un homme amoureux qui n'y croit plus et puis Vienne, sa grande roue, sa lumière, ses ombres et la musique d'Anton Karas : inoubliables.
1948 : pas de festival.
1947 - Mon Grand Prix aurait été attribué à :
ZIEGFELD FOLLIES de Vincente Minnelli
parce qu'un tel prix à une comédie musicale est pure folie mais que celui-ci est un enchantement absolu et qu'ils sont tous là ou presque Fred Astaire, Lucille Bremer, Judi Garland, Kathryn Grayson, Lena Horne, Gene Kelly, Esther Williams... et qu'ils n'ont pas fini de me faire rêver.
1946 - La Palme ne se prénomme pas encore palme mais GRAND PRIX. Je n'ai vu que 4 films de cette année là et Mon Grand Prix aurait été attribué à :
BRIEF ENCOUNTER (Brève Rencontre) réalisé par David Lean
parce que tant qu'à honorer les transports ferroviaires, autant que ce soit pour leurs retards, parce que Laura est cinéphile et se rend "en ville" pour satisfaire sa passion, parce que l'amour interdit de Célia Johnson et Trevor Howard sur une symphonie de Tchaïkovski est l'ancêtre de la comédie sentimentale qui m'a fait pleurer des rivières et que j'aime pleurer au cinéma et que jamais la Palme ne serait attribuée à une histoire d'amour, quoique...
Une nuit, le juge Van Eyck qui vit avec sa femme dans une grande maison bourgeoise de province découvre une jeune fille couchée dans une cabane au fond de leur jardin. Céline leur apprend qu'elle vit là depuis deux semaines. Ils l'accueillent pour une nuit et décident de la conduire le lendemain aux services sociaux de la ville. Mais Céline, à force de douceur et de gentillesse va réussir à séduire d'abord le mari, puis la femme qui était très réticente au début.
On découvre rapidement que Céline ment, sur son âge d'abord. Elle a tantôt 16 ans, tantôt 15 ou 14 suivant les circonstances. Mais aussi sur ses origines. Elle se dit orpheline. Elle prétend qu'elle a quitté sa famille d'accueil. Tout va, au fur et à mesure se révéler un peu faux et un peu vrai. En fait Céline a un objectif très précis et sa présence chez les Van Eyck n'est absolument pas due au hasard. Je ne vous dévoile pas tout ce que l'on découvre au fil de l'intrigue car le spectateur entre dans la confidence avant même les personnages. Rien n'est vraiment époustouflant dans tout ce que l'on apprend et ce film tient davantage par son atmosphère tendue, oppressante. Ce huis clos qui se déroule en grande partie dans la maison/musée où tout semble ne pas avoir bougé depuis des décennies, est pendant un temps "aéré" par la présence et la jeunesse de Céline qui bouscule complètement les habitudes de ce couple sans enfant en y mettant un peu de vie et de gaité. Rapidement on sent poindre les failles, le trouble et l'on pressent le drame.
Par contre, je n'ai absolument rien compris à la présence du personnage de Romain, petit ami tueur de chiens, même si son rôle finit par être déterminant...
L'interprétation des deux acteurs principaux est l'autre atout. Je n'ai jamais apprécié le jeu pincé de Ludmila Mikaël. Cette fois-ci non plus.
Par contrePascal Greggory, tout rigide dans ses beaux costumes, se dissimulent d'abord derrière sa fonction et ses livres de droit pour finir par laisser craquer le vernis et perdre pied, est excellent.
Mais c'est évidemment la présence d'Anaïs Demoustier qui est essentielle. Sa performance est comme toujours extraordinaire. Toute menue, avec son sourire et son visage d'ange, elle est Céline, tout à fait crédible en gamine de 15 ans alors qu'elle en a 23 dans la vie. Si ce n'est par quelques mouvements d'agacement par moment, on a du mal à imaginer que cette petite poupée puisse manigancer un plan macchiavélique.
Mais n'oubliez pas que c'est toujoursICI chez Sandra deIN THE MOOD FOR CANNES(et nulle part ailleurs) que ça se passe.
Mais vous pouvez également suivre TOUSCOPRODqui réalise quotidiennement des interviews vraiment bien faites et très agréables que vous pouvez retrouver ICI.
En tout cas, ce n'est pas ce qui va nous empêcher de jouer n'est-il pas ?
Alors, à qui sont ces jolies bouches, avec ou sans sourire ?GAME OVER.
Je n'ai que peu de temps pour vous parler de ce film mais si vous ne savez pas quoi faire de votre week-end (tout le monde n'est pas à Cannes, et pour avoir beaucoup virtuellement batifollé on the web depuis mercredi, je vous assure que c'estELLE qui raconte le mieux, elle qui n'est pas blasée, elle qui ne pense pas que Cânnes c'est open bar, (on se fout minables et on embrasse qui on veut), elle qui donne vraiment envie, elle qui fait vibrer...), et si vous souhaitez aller au cinéma quand même, et si vous ne savez que choisir et que vous passez sur ma route pour vous décider... oui je sais, ça fait beaucoup de si... et bien si tout ça, allez voir ce beau film d'aventures et d'amour qui revient sur la genèse d'une légende que personne n'ignore.
Car oui, et merci à Ridley Scott (73 ans au compteur, je ne savais pas ça !!!) de nous inviter à découvrir les origines du personnage, du temps où Robin, en manque de père, s'appelait encore Longstride et était le plus fervent et combatif des archers au service de Richard Coeur de Lion. De retour de 10 années désastreuses de Croisade, le roi est tué. Son frère le cupide, stupide et envieux Jean prend possession du trône et appauvrit de plus en plus le royaume en multipliant les impôts. Pendant ce temps, Robin, pour tenir une promesse faite à Robert Loxley mourant, de ramener son épée au domaine familial, usurpe l'identité de ce dernier. Le père de Robert demande à Robin de tenir quelque temps ce rôle ce qui n'est pas du tout du goût de l'épouse du défunt, Lady Marianne. Mais rassurez-vous tout finira par s'arranger pour eux.
Au bord de la guerre civile, Robin va reprendre les armes et combattre auprès de William Marshal, qui aimerait rassembler tous les britanniques pour lutter contre les envahisseurs français...
Le film se termine là où les autres commençaient, au moment où Robin déclaré hors la loi par le nouveau roi et traqué par le shérif de Nottingham, vit reclus dans la forêt avec ses compagnons dont les fidèles Petit Jean et Frère Tuck, ainsi que Marianne plus fougueuse et courageuse que jamais.
Avant de devenir le brigand au grand coeur qu'on connaît si bien, le réalisateur ne fait pas de son Robin un jeune homme sans peur et sans reproche virevoltant en collants mais un homme d'âge mûr solide, qui a souffert, combattu, un défenseur honnête et intrépide au service de la cause qui lui paraît juste... mais aussi un amoureux transi et malgré de nombreux combats filmés dans une nature sublime (ah le "débarquement" sur les plages de la mer du Nord !!!) la partie plus intimiste chaudement éclairée dans des intérieurs campagnards et raffinés est d'une subtilité inattendue.
Et puis, Ridley Scott confie le rôle du valeureux Robin touché par l'amour, à Russel Crowe qui contrairement à une bande annonce pas très bien faite je trouve où il semblait "faire du Maximus", a tout à fait la carrure et l'étoffe du héros qu'il incarne. Evidemment chacune de ses interventions est appuyée par la musique lyrique et bouillonnante de Marc Streitenfeld mais il n'en faut pas moins pour transporter ses admirateurs prêts à le suivre. Cate Blanchett est surprenante elle aussi, loin des minauderies et de la fragilité des précédentes Marianne et elle forme un couple vraiment séduisant avec Russel/Robin d'une politesse, d'une douceur et d'une délicatesse saisissantes avec la dame...Je vous avoue que lorsqu'il lui dit "Je vous aime", on y croit et que mon petit coeur de midinette a manqué un battement, ainsi que lors de la scène où c'est bizaremment elle qui doit le débarasser de sa côte de maillle alors qu'ils se connaissent à peine...
Phil et Claire forment un couple qui s'aime, mais entre leurs deux enfants encore petits et leur boulot fatigant, ils se sont installés dans une routine ronronnante et sont devenus les meilleurs amis du monde. Leur petite soirée dans le même restaurant où ils prennent invariablement le même plat fait aussi partie de leurs habitudes hebdomadaires. Alors qu'un couple d'amis leur annonce qu'ils vont divorcer, Phil et Claire prennent conscience qu'il faut qu'ils se reconquièrent mutuellement pour ne pas en arriver à la même extrémité. Phil décide d'emmener Claire dans l'un des restaurants les plus courus de Manhattan. L'endroit est bondé et sans réservation des semaines à l'avance, impossible d'obtenir une table. Ils se font donc passer pour les Triplehorn qui avaient réservé et ne répondent pas à l'appel de leur nom. Hélas, ce couple est poursuivi par des gangsters qui cherchent à récupérer une mystérieuse clé USB. Au cours d'une nuit un peu folle, la monotonie de ce couple paisible va éclater puisqu'ils vont devoir échapper à des tueurs.
C'est évident la seule et unique raison de voir ce film était pour moi la présence de Steve Carell que j'aime d'amour parce qu'avec sa ptite bouille tristounette, son humour nonchalant, dépressif et mélancolique, sa présence un peu raide et indolente, il me fait mourir de rire. Son espèce de maladresse flegmatique, sa façon de commenter tout ce qu'il fait comme si les autres n'étaient pas là et d'afficher en toute circonstance une apparente résignation le rendent infiniment drôle et attachant.
Le scénario réserve peu de surprises et les gags s'enchaînent sans beaucoup d' originalité, mais la grande trouvaille est d'avoir associé Steve Carell à Tina Fey (actrice bien barrée ne reculant devant rien, sosie et imitatrice officielles de Sarah Palin) qui pour une fois n'est pas le faire valoir de la star masculine qui tirerait la couverture mais bien son double et son alter ego. Fonctionnant sur le même rythme, ils pratiquent exactement le même humour qui semble laisser énormément de place à l'impro et du coup les personnages qu'ils interprètent comme les acteurs qu'ils sont, démontrent une complicité vraiment réjouissante.
Matthieu/Anderton deCineblogywoodm'a très aimablement demandé, comme les garçons le font parfois être aimables, de m'allonger sur le divan répondre à un questionnaire. Je ne sais pas vous, mais moi, je ne peux pas résister à un garçon qui me parle poliment. Pas plus que je ne peux surtout résister à une nouvelle occasion de plonger dans ma cinéphilie. Je suis convaincue que les réponses ne sont pas toujours forcément les mêmes en fonction de l'époque, de l'humeur, du temps qu'il fait et de l'âge du capitaine. Alors pourquoi pas ?
1. Ton film culte absolu
Bon, on ne rit pas, on ne dit pas "je le savais, je m'en doutais..." . Ecoutez plutôt :
2. Le film que tu n’as jamais pu voir jusqu’au bout
"Le septième sceau" d'Ingmar Bergman, mais j'y arriverai, j'y arriverai.
3. Ton film classique préféré
Silence je vous prie...
4. Le film encensé par tout le monde que tu détestes
Le plus récent est "Enter the void" la prétention à son paroxysme pour un vide sans fond !
5. Le film injustement critiqué que tu aimes faire (re)découvrir
6. La scène qui te met les larmes aux yeux
Insupportable tellement ce film est dur ! J'ai le DVD, je n'ai jamais pu le regarder encore.
7. Le film que tu adorerais produire si tu étais patron de studio (avec quels réal, acteurs... ?)
Un film de Jean-Pierre Améris avec Irène Jacob, André Dussolier et Tahar Rahim.
8. Le cinéaste à qui tu pardonnes tout
Je n'ai rien à pardonner à Clint... donc, je dirai Patrice Chéreau. Je n'ai plus aimé aucun film depuis "Ceux qui m'aiment prendront le train" qui m'avait bouleversée et malgré tout, j'y crois encore.
9. La personnalité du cinéma, vivante ou morte, que tu adorerais interviewer
Franchement aucune. D'une part je serais incapable de le faire, d'autre part j'aimerais ne jamais rien savoir des gens que j'aime et admire au cinéma. Si seulement ils pouvaient se taire et garder leur mystère !!!
10. Ta salle de cinéma préférée
Le cinéma s'appelle CAMEO et la salle Fellini. Il est beau non ? Tout vieux à l'extérieur, tout propre, tout neuf à l'intérieur.
11. Le Blu-ray à acheter d’urgence
Il faut avoir un lecteur non ? Donc je dirai que je rêve d'avoircette chose:
12. L’objet collector que tu gardes précieusement
un morceau de pellicule, une signature, une photo...
Et un LIFE de 1971 toujours à portée de main (offert par leDADA).
13.Ton plus grand moment de blogueur
Les belles rencontres qui durent Sandra,Dada,Fred,Bridgetet les autres Flo,Jérôme, Chouet compagnie, et ceux que je ne connais qu'IVL et que je rencontrerai bientôt IRL !
14. Le post qui révèle le mieux l’esprit de ton blog
Parce que j'ai une fascination intacte pour les westerns et que ce film en est l'antithèse et la quintessence,celui-ci
Mais j'avoue que j'ai aussi un petit faible pour cepost ci... mais comme le ditFred,celui-ciest choupinou aussi.
Oscar et Linda sont frère et soeur et s'aiment d'un amour à la limite de l'inceste mais ils ne feront finalement que se lécher l'oreille. Ils connaissent de gros malheurs et notamment la perte de leurs parents, les deux, d'un coup, dans un accident de voiture alors qu'ils sont encore tout minots. Ils étaient à l'intérieur du véhicule. On reverra d'ailleurs l'accident 4 ou 5 fois (je n'ai plus compté au bout d'un moment... mais c'est pour ça que le film est si long, on revoit les scènes plusieurs fois !) et surtout la toute petite Linda hurlant, que dis-je s'égosillant, s'époumonant, gesticulant pour essayer de se dépétrer de sa ceinture de sécurité. J'ai toujours aimé qu'on torture les enfants et cette scène est très fraîche. Pas longtemps plus tard, la mémé chargée de s'occuper des enfants se retrouve dans une chaise roulante avec un respirateur artificiel dans le pif, preuve qu'elle ne peut plus s'en occuper, donc elle les envoie à l'orphelinat mais comme ce serait trop simple et pas assez moche : on sépare les enfants. Alors Linda hurle encore plus fort "Oscaaaar ne m'abandonne paaaaaaaaaaaaaaas !!!!!!!!!!!". Linda, c'est le genre de fille à qui on fait des tas de promesses dès la naissance "je ne te quitterai jamais... je te protègerai toujours... je te le promets", et on n'en tient aucune. Une qu'a la poisse quoi.
Plus tard Oscar vit à Tokyo, il ne travaille pas parce que c'est trop un rebelle. Faut pas déconner "les gens qui travaillent c'est des esclaves" qu'il dit, alors il deale mais pas que. Il consomme aussi. Des tas de substances avec des noms d'initiales.
La première demi-heure est filmée en caméra subjective et en 2D. Pour les béotiens, je précise que dans ce cas le spectateur se trouve à la place du personnage. Ici, on est Oscar. Donc ça donne ça mettons :
Oscar, on ne le verra jamais ou presque jamais, sauf quand il se regarde dans la glace et qu'il dit "j'ai une sale gueule" et je suis d'accord. Vous avez compris ? Le spectateur EST Oscar TU es Oscar, JE suis Oscar... euh non, pas moi, merci ! C'est chouette comme aventure non ? Pendant une demi-heure, il se drogue et on voit les effets que ça a sur son cerveau. C'est un peu comme si on regardait un feu d'artifice dans un kaléidoscope. ça mange pas de pain. Franchement quand il fait ça il dérange qui ?
Mais ça dure quand même un chouya trop longtemps. C'est un peu comme un trip chamanique transpersonnel mais sans les poils de Juliette Lewis.
Le bon point c'est que c'est une drogue tout ce qu'il y a de plus choupinoute car il suffit de se passer un coup d'eau froide sur la figure, l'eau qui coule du robinet de la nature... et hop, ça passe, t'es frais comme un gardénia... oopsss, j'ai trop fixé le kaléï moi, frais comme un gardon je crois qu'on dit. Oscar a un copain, un moche avec des poils, qui parle tout le temps avec une grosse voix et il veut aller au "Void" mais d'abord Oscar doit passer voir machin pour lui donner ses trucs. Et là, à cause que Oscar a couché avec la mère de machin qu'il doit retrouver, machin le dénonce aux flics qui le tuent.
Là, c'est quand Oscar et toi spectateur, vous vous apercevez que vous êtes touchés/coulés/morts : "oh du sang !!!".
Et du coup, de caméra subjective, on passe (encore plus fort) en caméra sub-subjective. Mais avant de mourir, ça tombe bien, son copain moche et poilu lui a fait lire le "Livre des morts" un truc tibétain drôlement balèze qui explique comment après ta mort tu reviens et si tu veux tu peux choisir où tu vas aller poser tes guêtres.
Ce film foutument intello, respect, il sert donc à expliquer, comme dans le livre, qu'avant ta re-naissance, tu passes par des états de conscience et de perception. Ce qui fait que Oscar sort de son corps (un peu comme Patrick Swayze dans "Ghost" "L'amour qu'on porte en soi et blablabla..."). Et Oscar, enfin son esprit ou ce qu'il en reste, il en profite pour voyager entre les immeubles drôlement éclairés de plein de lumières colorées dans les rues de Tokyo pendant que sa petite soeur se lamente et dit "je me suiciderais bien mais j'ai l'impression que Oscar est là, pas loin" et moi j'ai bien envie de la pousser du haut du 18ème étage pour abréger ses souffrances, elle a trop souffert, et peut-être que le film s'arrêterait là, faute de personnages.
Donc, du coup, à partir de maintenant, Oscar sera toujours en premier plan de dos. Normal puisqu'on est Oscar qui regarde la vie d'Oscar, ça s'appelle des expériences géniales de réalisation cinématographique et ça donne ça :
Des fois j'avais envie de lui dire "euh bouge toi de là, Oscar, merde tu gênes quoi", et après je me souvenais que c'est fait exprès.
Tu suis ??? On devient, enfin toi, spectateur, tu deviens Oscar sorti de Oscar mort qui regarde la vie de Oscar du temps qu'il vivait mais aussi du temps qu'il est plus là ! Tu piges ? Ah la la, où avais-je la tête, faut que j'arrête la drogue moi. J'ai oublié de dire qu'entre temps, Linda a rejoint Oscar à Tokyo... et comme finalement c'est pas la moitié d'un le Oscar, il met sa ptite soeur au boulot dans un bar à strip-tease où elle fait des trucs avec une barre et elle s'asseoie sur la figure des garçons qui s'allongent sur la scène. Quand elle a fini son numéro elle couche avec le patron en miaulant des oh et des ah comme pour dire que ça lui fait du bien.
Bref, à partir du moment ou Oscar meurt, vous n'allez peut-être pas me croire, mais toutes les scènes qu'on avait déjà vues en tant qu'Oscar on les revoit en tant qu'Oscar mort qui regarde la vie d'Oscar. J'ai failli hurler comme une Linda parce qu'il restait encore au moins une heure de film et que j'étais déjà en phase terminale d'over dose. Et puis non, je me suis lovée et j'ai envoyé des SMS àFred. C'est tout juste si je l'enviais pas d'être a boulot. J'étais à deux doigts, et puis non. Je pouvais même pas déconner avec Jules parce qu'en le lorgnant j'ai bien vu qu'il était devant le chef d'oeuvre de sa vie...
Pendant ce temps, la caméra épileptique, stroboscopique de Gaspar Noé nous fait voler, circonvolutionner et nous explose la rétine dans un camaïeu pyrotechnique de couleurs qui châtoient et de lumières qui resplendissoient ! L'oreille n'est pas en reste avec des sons, des bruits, un bourdonnement constant et de temps en temps un ptit coup de Bach à l'orgue bon-tant-pis pour nous rappeler que la vie peut-être douce sacré bon sang.
Toute cette macédoine d'une simplicité à la Oui-Oui mais pédante comme une chronique de Bernard Guetta ou crétine comme le regard de Gérard Butler... je dirais bien "sensorielle" si j'étais chic et chébran mais je suis plouc et provinciale, pourquoi faire ? Pour nous parler d'enfance traumatisée (donc t'as le droit de faire n'importe quoi de ta vie) d'oedipe et d'inceste mal digérés et pas assumés. Oui Gaspar, un jour ton papa a mis la petite graine dans le ventre de ta maman et elle a joui cette salope avec son gros kiki, et neuf mois plus tard : ô le beau petit Gaspar qu'on a là ! et non Gaspar on ne peut pas jouer à touche pipi avec sa petite soeur !
Et ce salmigondis poseur et simpliste se termine dans un "Love Hôtel" comme on en trouve au Japon où l'esprit (mouarf) d'Oscar survole les chambres permettant ainsi de justifier (!!!) une dernière scène interminable et absolument gratuite de couples qui baisent dans des chambres prévues à cet effet en attendant qu'il choisisse où se poser !
Et là, cerise confite sur le banana split (ce qui est une hérésie vous serez d'accord avec moi), mais j'avoue que j'ai bien pouffé... de caméra sub-subjective, nous passons à caméra vaginale ! MDR ! Et c'est à ce moment précis que je me suis mise à regretter mes lunettes 3D.