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jean-pierre améris

  • UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE

    Le film de clôture que je verrai donc tout à l'heure est "L'Homme qui rit" de Jean-Pierre Améris (tiré du roman de Victor Hugo) et pour ceux qui suivent ce blog depuis des années, ils savent qu'entre Jean-Pierre et moi c'est une longue et belle histoire. Il était le Président du Jury du Festival d'Annonay lorsque j'en étais un des huit membres cinéphiles. Quand je vous dis et répète chaque année qu'il faut tenter votre chance... Cela dit, je ne pense pas que tout le monde puisse avoir la chance de "tomber" sur un Président aux qualités humaines hors normes, fidèle en amitié, attentionné... tel que Jean-Pierre Améris (j'en ai testés d'autres depuis... non, je ne citerai pas de nom). Depuis nous sommes restés en contact. Nous nous voyons une ou deux fois par an en fonction de certains événements cinématographiques. Il m'a invitée sur le tournage d'un de ses films "Maman est folle"... Bref, pour faire  court... aujourd'hui, grâce à Jean-Pierre et à Audrey, secrétaire de production, j'ai pu assister à la Conférence de Presse, au cocktail... ! C'est pour ce genre de moments aussi que le cinéma est formidable. Je vous donnerai davantage de détails lorsque j'aurai vu le film et surtout lorsqu'il sortira en France en fin d'année. Les thèmes de la monstruosité, de l'apparence, de l'amour sont abordés, ainsi que la gloire, la déchéance, le théâtre, la solitude...

    En attendant, voici quelques photos. En vrac, Jean-Pierre Améris, Christa Théret, Marc-André Grondin, Emmanuelle Seigner et des inconnus sur le tapis du photo call :-)

    MOSTRA DEL CINEMA 2012, cinéma, L'homme qui rit, Jean-Pierre Améris,

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  • Premier Jour - Festival International du Premier Film d'Annonay

    Il s'agit bien évidemment de mon premier jour à moi et voici les premières images de mon arrivée à l'hôtel. Attention, ça peut être douloureux...

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    Vous le savez tous, le Festival a démarré vendredi soir avec en ouverture, un film de haute tenue, "Complices" en présence du réalisateur Frédéric Mermoud et de l'actrice principale Nina Meurisse. Je vous recommande plus que vivement ce film que j'ai eu le bonheur de découvrir récemment, et qui est encore à l'affiche.

    Gaël le Directeur artistique et Marianne la Directrice du Festival m'ont assuré que le week end en présence de Jonathan Zaccaï avait été très intense et chargé en émotion tant l'acteur s'est impliqué dans l'"animation" de ces deux jours qui lui étaient en partie consacres et où il a pu présenter certains de ses films dont le déroutant, atipyque et formidable "Simon Konianski". Paré de son humour, de sa rêverie, de l'amour de son métier, de son goût des rencontres avec le public, Jonathan, irrésistible a charmé et conquis tout le monde.

    Lorqu'on arrive au Palais du Festival (n'ayons pas peur des mots, rebaptisons le Théâtre pour quelques jours) on découvre qu'il s'est paré des oripeaux en relation avec le thème de cette année entre

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    PEUR
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    MÊME PAS PEUR
    Les salles de cinéma, la ville et l"Antre-D'eux" (l'endroit où IL FAUT être entre deux séances pour boire, manger, discuter, écouter, partager...) sont ornés de plein de petites bestioles et décors qui pleuplent nos nuits, du petit mouton rassurant qui peut aider à s'endormir, aux monstres les plus biscornus. Je vous les présenterai tout au long de la semaine.
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    Le côté "rêves" de l'"Antre-D'eux
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    Festivalière tentant d'établir son programme
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    Festivalier se laissant porter par les événements
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    Marianne Ferrand (directrice du festival) et festivalière attentives.
     
    C'est dans le cadre de cette thématique que seront projetés toute la semaine des films tels que "Le Labirynthe de Pan", "Amarcord", "Brazil", "La cité des enfants perdus", "Léolo", "La science des rêves"...
    Mais ce qui m'a fait arriver si tôt à Annonay, alors que depuis 6 ans je n'y viens qu'à partir du jeudi pour suivre et voir les huit films de la compétition, c'est la présence de Jean-Pierre Améris qui était le Président du Jury lorsque je fus moi-même membre du jury en 2005 et avec qui je suis toujours restée en contact.
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    Au cours de cette journée spéciale, Jean-Pierre a rencontré environ 300 collégiens le matin dans le cadre des 20 ans du dispositif "Collège au cinéma". Il leur a présenté son film "Je m'appelle Elisabeth". La projection du film fut suivie d'une rencontre et d'une discussion entre le réalisateur et les jeunes.
     
    L'après-midi j'ai pu assister à "La leçon de cinéma" de Jean-Pierre qui est bien plus et bien mieux qu'une leçon, (terme qui lui semble d'ailleurs totalement inapproprié tant il répugne à en donner), mais plus sa vision du cinéma, sa façon de vivre cette passion vitale et dévorante. Deux heures brillantes, enthousiasmantes et... trop courtes.
    Depuis toujours audacieux et timide il affronte ces "exercices" de partage et de transmission avec angoisse, vaillance et générosité. Et je vous assure que ce dernier terme le concernant n'est ni excessif ni un abus de langage. L'écouter parler avec tant de fièvre, d'humilité et d'humour, mêlant toujours les anecdotes de tournages au récit de sa vie, vous rend le cinéma à la fois insaisissable mais indispensable et ne peut que décupler votre appétit de cinéphilie. Et puis je comprends et ressens tellement ce qu'il dit, comme s'il parlait en mon nom, que c'en est troublant et terriblement bouleversant de l'entendre penser tout haut ce que je ne parviens que rarement à exprimer.
    Jean-Pierre est né à Lyon, là où naquit le cinéma... la ville que j'ai découverte en octobre dernier avec mon Clint mais bon... je vous ai déjà raconté cet épisode :-). Le cinéma a toujours été présent dans sa vie car il était le loisir favori de ses parents. Les jours de Noël, pas de messe de minuit mais une séance de cinéma ! Et à 7 ans : le choc, "La canonnière du Yang Tsé" de Robert Wise avec Steve Mac Queen. Il découvre qu'un héros peut mourir et c'est par le cinéma qu'il appréhende pour la première fois l'idée de la mort. La découverte de la vie est intimement liée et se mêle au cinéma.
    L'appétit se transforme en boulimie à l'adolescence. Complexé, hors norme et "différent" du fait de sa très grande taille, Jean-Pierre considère la salle de cinéma comme un cocon, un "ventre protecteur" et il vit sa vie par procuration. L'envie de filmer lui vient vers 13 ans. Equipé d'une petite caméra, il filme sa famille et scénarise déjà ses petits films et restera encore aujourd'hui convaincu qu'en filmant du vivant il en restera une trace.
    Rapidement fasciné par Bresson (dont le "Pickpocket" demeure un de ses films cultes), Bergman et la musique de Bach, il réalise un premier court-métrage "Le retour de Pierre" en associant le ton monocorde des acteurs bressonniens, l'austérité bergmanienne et la musique du maître. Alors que le thème évoque la "mort du père", la salle est morte de rire. Aujourd'hui c'est avec beaucoup d'humour et de lucidité qu'il évoque cette expérience traumatisante dont il dit avec sa fantaisie dévastatrice : "il faut survivre à ça !". Quand il raconte ces souvenirs, ces épisodes qu'il a traversés il le fait toujours avec cette approche tragi-comique qu'il apprécie tant chez certains réalisateurs. Ainsi considère t'il le dernier film des frères Coen "A serious man" comme un summun de finesse et de cruauté qui caractérisent souvent la vie qui fait qu'au moment où tout semble être en passe de s'arranger, tout s'effondre...
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    Après avoir réalisé trois courts métrages, Jean-Pierre tente le concours de l'IDHEC* à Paris. Il l'obtient et poursuit des études qui l'intéressent énormément.  
    *Institution des Hautes Etudes Cinématographiques devenue aujourd'hui la FEMIS Fondation Européenne pour les Métiers de l'Image et du Son dans laquelle il est aujourd'hui intervenant.
     
    En 1987, il obtient le Grand Prix du Festival de Clermont-Ferrand pour son court-métrage "Intérim" qui évoque ses différents et successifs "petits boulots" dans des entreprises lyonnaises qui lui permettent de vivre. Le prix était à l'époque remis "en nature" (pellicules, matériel...) et lui permet de réaliser son premier long "Le bateau de mariage".
    Dans un montage d'une vingtaine de minutes réalisé par Gaël, nous découvrons ou redécouvrons un extrait de tous les films de Jean-Pierre dont "Poids Léger", "C'est la vie", "Je m'appelle Elisabeth", "Maman est folle"... qui nous permet de constater les "progrès", l'évolution, de noter les maladresses qu'il gomme avec le temps. Persuadé jusqu'alors que le travelling, le plan séquence est le nec plus ultra du cinéma, il s'oriente aujourd'hui de plus en plus vers le champ contre champ.
    Actuellement et pour deux mois au moins encore, Jean-Pierre procède au montage de son long métrage qui sortira vraisemblablement à l'automne prochain "Les émotifs anonymes" avec Isabelle Carré, qu'il retrouve avec bonheur après "Maman est folle" et Benoît Poelvoorde... qui sont deux émotifs que la timidité paralyse (ce que le réalisateur a fréquemment expérimenté). Il s'agit de sa première comédie après des thèmes souvent graves mais qui lui sont chers et qui évoquent toujours une part largement autobiographique tels que les soins palliatifs, la mort, le deuil... Ici, il souhaite s'adresser à ceux qui doutent et ont (comme lui, comme moi) la trouille de tout sur le mode tragi-comique qu'il affectionne tant. Rire avec et non rire de...
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    Sâchant que l'attention du spectateur se relâche au bout de 40 minutes, il est essentiel de relancer l'action. C'est ainsi qu'après 8 à 9 semaines de tournage, 60 heures de rushes, il convient d'être sans pitié avec ce qu'on a tourné pour en arriver à environ 1h 40 de film.
    Travaillant toujours avec un co-scénariste, ils ont construit ce récit après environ 40 versions du scénario. Pour "Maman est folle" il disait de son co-scénariste, l'auteur Olivier Adam : « on l’a rêvée ensemble, cette histoire, mais nos désespoirs sont différents ». Il est vrai que l'hyper sensibilité et une certaine forme de désespoir sont omni-présents lorsque l'on rencontre, qu'on connaît et qu'on écoute Jean-Pierre Améris, mais comme ils sont assortis d'un humour souvent foudroyant, de sa créativité d'artiste, sa compagnie est toujours positive, constructive et enthousiasmante.
    Conscient qu'il n'est pas un technicien et qu'un film ne se fait pas seul, Jean-Pierre s'entoure d'une équipe avec laquelle il établit un climat de confiance indispensable même s'il sait que le réalisateur est le seul à être là du début à la fin de la création, qu'il est aussi le seul à avoir le film en tête. Il est celui qui guide et profite du talent des autres, des techniciens aux acteurs.
    Même si le cinéma est très lié à la disparition, qu'il enregistre du vivant avant qu'il ne soit mort, c'est grâce au cinéma que Jean-Pierre qui a un peu/beaucoup tendance à s'isoler du monde, rejoint "la vraie vie" parfois. En se confrontant par exemple au thème des réfugiés de Sangatte.
    Ce que Jean-Pierre Améris préfère, c'est tourner. Son cinéma est un cinéma de personnages et de personnes. Il aime plus que tout rencontrer et diriger les acteurs. Il doit parfois faire face à ce qu'il appelle la révolte de l'acteur (surtout celle des hommes d'ailleurs...). Il est un cinéaste exigeant mais protecteur. Il ne leur vole rien mais parvient à saisir ce qu'ils offrent. Et ceux-ci savent qu'il ne les trahira pas...
     
    C'est à l'"Antre-Deux" que s'est poursuivi ce passionnant échange où nous avons également pu rencontrer l'actrice Aurélia Petit, inoubliable dans "Oublier Chéyenne" de Valérie Minetto et qui assurait ce soir la présentation de "La science des rêves" de Michel Gondry auquel elle avait participé.
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    Aurélia Petit, adorable, charmante avec une idée folle et super géniale dans sa jolie tête
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    Jean-Pierre et une ravie de crèche !
     
    Je reviens vers vous au plus vite pour vous raconter la suite...

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  • Maman est folle de Jean-Pierre Améris... suite !

     

    J’ai donc pu (privilégiée consciente et ravie de sa chance) assister à une journée du tournage de ce film. Vous trouverez un résumé de l’histoire à la fin de cette note. Mes réactions d’observatrice seront plus « émotionnelles » que techniques évidemment… mais une gentille amie blogueuse m’a dit que c’était « ça » ma différence !

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    J'ai "touché" le précieux objet qu'est le clap !

    Ce que je retiens avant tout de cette journée riche et passionnante est la surprise devant l’ignorance que j’avais de l’abondance de détails à régler.

    D’abord, les horaires de travail ne sont pas ordinaires. La scène à tourner devant être filmée en partie la nuit, l’équipe est présente de 17 heures à 2 heures du matin. Ce Quai de la Colonne Louis XVIII à Calais est vide et l’installation des décors pour la distribution de repas aux migrants, ne prend que quelques minutes. Le rail pour les travellings est installé ainsi que l’écran de moniteur d’où le réalisateur observe attentivement et précisément le tournage effectué par une « cadreuse » (soit juchée sur le rail, soit caméra à l’épaule). Une centaine de figurants arrive en bus.

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    Le rail, le réalisateur, Nils (premier assistant), la file de migrants

    Jean-Pierre Améris, pour chacun de ses films, s’entoure toujours d’acteurs non professionnels. Une partie des bénévoles sont donc de vrais bénévoles, quant aux migrants, ils sont tous de « vrais » réfugiés, mais régularisés afin de pouvoir être déclarés et payés. Tous sont consciencieux et appliqués et certains, pas peu fiers d’être « dans un film » crânent véritablement. Je suis stupéfaite de leur implication attentive.

    Les acteurs sont là : Isabelle Carré, Christine Murillo, Christian Bouillette, Nazmi Ridic…

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    Le réalisateur et ses actrices !

    Pour la première scène, la distribution de repas, une longue file de migrants doit mimer une bousculade pour accéder à la table où les bénévoles leur offrent à chacun un repas chaud, du pain, une pomme et de l’eau. Sylvie (Isabelle Carré) adresse un mot aimable à chacun d’entre eux sous l’œil mi agacé/mi amusé d’Isabelle (Christine Murillo) qui le lui reproche. La scène est d’abord répétée puis « tournée », 5, 10, 15 fois. Jean-Pierre Améris souhaite toujours multiplier les prises.

    Les mots mythiques résonnent : « moteur !»… « action !»… « coupez !».

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    Le réalisateur et son "moniteur".

     5, 10, 15 fois… toute l’équipe (acteurs, figurants, techniciens) se remet en place inlassablement et recommence la même scène. Chaque fois la même scène, oui, mais chaque fois différente, toujours plus, toujours meilleure. Contrairement à toute attente, ce n’est pas la lassitude qui s’installe mais l’application, l’euphorie, l’excellence.

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    Le temps se gâte...

    Les quatre saisons s’invitent sur ce quai d’où les ferrys partent et reviennent sans interruption… le soleil, puis un vent violent, la pluie et enfin le froid. Personne ne bronche. On protège le matériel le plus fragile et on continue… jusqu’à la coupure de 21 h à 22 h pour se rendre à la cantine installée près de la merveilleuse église de Calais qui ressemble un peu à Poudlard… En un instant, et c’est très impressionnant, le quai redevient désert sans personne ni matériel. Incapable de manger, je suis à la table de Jean-Pierre et des acteurs qui discutent de certaines scènes à préciser puis de tout à fait autre chose, de leur vie si peu commune et si ordinaire à la fois ! Isabelle Carré est bien telle qu’on l’imagine : charmante, aimable, souriante, bavarde, disponible, très jolie, très vive et... cinéphile. On papote des quelques derniers films que nous avons vus et aimés. Quand je lui dis que j’ai vu « Anna M. », sa première question est : « tu as eu peur ? ». Oui, évidemment, elle est terrifiante dans ce film !

    Christine Murillo (plus connue au théâtre, sociétaire de la Comédie Française, Molière de la meilleure comédienne en 2005) est gentille, drôle et très dynamique.

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    Christine Murillo et l'acteur flou... 

    A 22 heures, retour sur le lieu de tournage… Le nouveau décor est installé avec projecteurs cette fois. Il fait nuit : la scène (un plan séquence ?) enchaînera un plan sur un groupe de réfugiés qui se réchauffent et s’occupent en jouant au foot, Isabelle qui distribue du thé, un début de bagarre pour un vol de couvertures et un échange plus intime entre Isabelle Carré et l’acteur kurde Nazmi Ridic. La mise en place est plus délicate que pour le tournage de l’après-midi… le retard s’accumule, la tension monte un peu mais chacun reste concentré et professionnel…

    Je passe les détails… il y a tant à dire et je ne veux pas faire trop trop long.

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    Tournage de nuit et Nazmi Ridic.

    Pour ces neuf heures de travail intenses et ininterrompues : 3 minutes « utiles » de film. Je n’en reviens pas. Quand le film sortira-t’il ? Sortira-t’il ??? Le sujet n’est pas très « glamour ». Les administrés n’apprécient guère la mauvaise image qui sera donnée de leur ville (on ne voit pas bien en quoi… tant de bénévoles se mobilisent !).

    Et qui a ordonné la fermeture du Centre de Sangatte en décembre 2002 laissant les clandestins errer... Un ministre devenu président non ???

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    Deux mots me sont venus et me restent en tête sur ce tournage : magie et énergie ! Un film est donc cette entreprise, cette aventure intense et implacable si facile à aimer, si facile à détester, à démolir en quelques mots. Certains critiques devraient faire plus attention… mais c’est une autre question…

    Avoir l’estime de Jean-Pierre Améris est un honneur et un bonheur. Le cinéma est sa vie mais humainement, c’est aussi un être solaire, disponible, généreux et chaque personne qui le croise est de cet avis.

    M.E.R.C.I.

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    Synopsis : Sylvie, la trentaine, est une mère au foyer pas tout à fait comme les autres… fantasque, «différente». Elle a quelque chose d’une petite fille exilée au pays des adultes. Pleine de fantaisie, elle s’est inventée un monde imaginaire bien à elle, où la violence de notre société ne peut l’atteindre. Un amour fusionnel la lie à ses enfants, Antoine et Manon, qu’elle ne cesse d’entraîner dans ses jeux et ses inventions. Son mari, Marc, chauffeur de bus scolaire, s’efforce vaille que vaille d’assumer la réalité de la vie matérielle. Pendant que les enfants sont à l’école, Sylvie fait la rencontre d’Isabelle, une femme qui, avec d’autres bénévoles, assure chaque jour une distribution de repas pour les réfugiés (d’Irak, d’Afghanistan, d’Iran, du Soudan ou des pays de l’Est) nombreux dans cette cité portuaire. Ils ne peuvent ni retourner chez eux ni passer en Angleterre en raison des contrôles de plus en plus stricts. Ils subissent l’animosité de la plupart des habitants et la pression de la police qui les harcèle sans cesse. Ils se terrent dans des cachettes de fortune et n’en sortent que pour venir prendre un repas au bungalow tenu par les bénévoles. Parmi eux et les migrants, Sylvie trouve enfin sa place, elle qui s’est toujours sentie «à part». Elle y consacre tout son temps, est prête à donner le peu qu’elle possède. Elle fait la connaissance de Jallal, un clandestin qui a fui son pays où sa vie était menacée, laissant là-bas femme et enfants.

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  • Maman est folle...

    Je pars en tournage... oui messieurs, dames !!! 

    Lui, c'est Jean-Pierre Améris, moi c'est moi.

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    Le sujet du film "Maman est folle" :

    Sylvie est une jeune mère de famille qui vit à Calais. Un jour, le hasard l'amène à croiser Jallat, un réfugié kurde. Une histoire d'amitié se noue entre eux et va l'amener à s'engager comme bénévole...

    Et elle, c'est Isabelle :

    Isabelle Carré, Nazmi Kiri, Marc Citti, Christine Murillo...

    Le sujet n'est ni banal, ni anodin et rappelle que :

    "Le 5 novembre 2002, le gouvernement français ordonne la fermeture du centre de la Croix Rouge qui accueillait à Sangatte les migrants présents dans le Calaisis.
    La plupart d'entre eux se retrouvent jetés à la rue à l'aube de l'hiver.
    Des bénévoles se rassemblent alors pour organiser des distributions de nourriture et de vêtements et décident après quelque temps de se donner une existence juridique en fondant l'association SALAM. "

    Vous dire que je suis fière, heureuse et impatiente... est-ce utile ?