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Cinema - Page 262

  • THE SOCIAL NETWORK de David Fincher ***

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    Mark Zuckerberg étudiant, se fait plaquer en beauté par sa petite amie lors de l’automne frisquet de 2003. Le temps de traverser le campus pour rejoindre sa chambre, il a mijoté sa vengeance qui va se manger bien tiède. Il va balancer sur Internet et sans la moindre gêne des tas d’informations sur la demoiselle qui va devenir la risée de tous en quelques heures. Dans la foulée de la même nuit légèrement alcoolisée et tout en rédigeant son blog, il va pirater le système informatique de la prestigieuse Université de Harvard et finalement le détruire en lançant « Facemash » qui consiste à voter pour la fille la plus canon du campus en cliquant sur une des deux photos proposées. C’est peu ou prou ainsi qu’a germé dans l’esprit d’un surdoué de l’informatique de 19 ans l’idée de FaceBook (jadis THE FaceBook !!!) dont je ne vous ferai pas l’injure de vous expliquer en quoi consiste ce Réseau Social (permettez que je rie… c’est fait !).

    Je n’aurais pas donné cher d’un film qui narre la création via des écrans d’ordinateurs d’un réseau planétaire qui concerne aujourd’hui 500 000 millions d’inscrits ? d’adeptes ? d’amis ? Et pourtant ce film unique, précurseur et qui risque de faire date est absolument palpitant et ne comporte pas une seule seconde d’ennui ou de baisse de régime. C’est une F1 pilotée pied au plancher par un réalisateur champion qui ne m’a jamais déçue. Oui j’ai adoré « Zodiac » et je suis celle qui a également aimé « L’étrange histoire de Benjamin Button ». Mais revenons-en à Marko ! Fincher le décrit comme un sale gosse solitaire, froid, introverti, opportuniste, qui ne s’embarrassera jamais de morale ou d’éthique, sa création étant ce qui existe de plus voyeuriste et exhibitionniste au monde. Le judicieux choix et l’excellente interprétation de l’acteur Jesse Eisenberg laissent toujours planer le doute quant à la totale innocence ou le parfait machiavélisme du petit génie. En effet, une bonne idée ne le restant jamais bien longtemps, dès que FaceBook va se répandre sur la planète plus rapidement et plus sûrement que le H1N1 plusieurs amis ou associés de Mark, qui ont de plus ou moins loin participé ou involontairement contribué à la naissance de bébé, vont en contester la paternité. Le jeune Zuckerberg va immédiatement être confronté à des procès d’une ampleur considérable mettant en jeu des sommes qui dépassent l’entendement.

    Mais Fincher ne se contente pas de faire le portrait d’un garçon hors du commun, d’alterner les séances de procès et celles où l’on admire de jeunes hackers « bouffer du code ». Il dresse également le portrait d’une folle jeunesse, orgueil d’un pays puisqu’elle fréquente l’une des plus prestigieuses universités du monde qui finalement semble avoir deux préoccupations universelles : faire la teuf et pécho !

    Quant à Mark Zuckerberg bien qu’il soit devenu l’un des hommes les plus riches de la planète et bien qu’il affirme toujours que son moteur ne soit pas l’argent, il est néanmoins au centre et parfois responsable de trahisons et de jalousies impitoyables.

    L’interprétation nickel, le rythme trépidant, les dialogues savoureux font de ce film bavard, énergique, souvent drôle et passionnant un formidable miroir dans lequel la jeunesse de ce début de XXIème siècle va sans doute se reconnaître.  2

  • MA SEMAINE AU CINEMA

    Pour retrouver mes avis, cliquez sur le titre des films.

    YOU WILL MEET A TALL DARK STRANGER de Woody Allen ****

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    LAISSE MOI ENTRER de Matt Reeves **

    (pas eu le temps et le courage de faire l'article mais c'est pas mal du tout...)

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    SANS QUEUE NI TÊTE de Jeanne Labrune **

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    TOUT VA BIEN, THE KIDS ARE ALL RIGHT de Lisa Chodolenko *

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    AO, LE DERNIER NEANDERTAL de Jacques Malaterre °°

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    MES COUPS DE COEUR

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  • TOUT VA BIEN, THE KIDS ARE ALL RIGHT de Lisa Chodolenko *

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    Nic, Jules, Joni et Laser (kiffez àdonf les prénoms, merci !) formeraient presque une famille Ricorée ordinaire avec soleil dès le petit déjeuner si les deux enfants de 18 et 15 ans n’avaient pour parents, non pas une, mais deux mamans. Imaginez un instant le cauchemar et revenons en au fait : Nic et Jules sont deux femmes qui s’aiment depuis 20 ans et ont eu deux enfants, une fille et garçon, par insémination artificielle. La semence provenant du même donneur. Il semble qu’avec l’avis du papa-bio, même 18 ans plus tard quand les moutards sont en âge de le faire, l’identité du mystérieux et généreux donateur puisse être révélée. C’est donc ce qui se passe lorsque Joni et Laser retrouvent donc sans difficulté la trace de leur « papa » qui accepte de les rencontrer. Le courant passe illico entre les trois avec plus ou moins de nuances et d'affinités. Les enfants vont avouer à leurs mamans cette cachotterie et elles vont à contre cœur accepter de recevoir l’éprouvette en se promettant de tout mettre en œuvre pour la faire fuir. Hélas (ou pas… on ne peut réellement se prononcer après avoir vu le film) les choses ne vont pas se passer tout à fait comme prévu et le papa va venir mettre une sacrée pagaïe dans le bon ordonnancement des choses.

    Tout cela est bien mignon mais je crois que le film qui parlerait d’une famille homoparentale, quel que soit le sexe des parents, reste à faire. Ici, les efforts sont louables pour nous prouver qu’un couple formé de deux personnes du même sexe ont exactement les mêmes attitudes, problèmes, façons de s’appeler «mon chou», «chérie» ou autres noms d’oiseaux, de se dire «c’est moi !!!» quand une d’entre elles entre, de veiller aux bonnes fréquentations des moutards, à la réussite des études etc… Mais pourquoi une famille fondée par deux personnes, filles ou garçons, du même sexe n’aurait-elle pas le « droit » d’être différente ou plutôt devrait absolument être identique aux autres ? Je n’ai pas compris cet acharnement.

    L’interprétation est certes nickel et pourtant je n’ai jamais été surprise, encore moins émue. Les enfants sont sages comme des images. L’homme de l’histoire, Mark Ruffalo, est macho juste ce qu’il faut mais pas trop, et se découvre une providentielle fibre paternelle. Julianne Moore est parfaite. Annette Bening est la seule à en faire des tonnes dans le registre lesbienne masculine (j’ai d’ailleurs toujours vu une actrice hétéro qui s’applique à jouer une homo). Et c’est finalement au garçon que revient la réplique la plus charmante et rigolote. A son « fils » qui lui demande pourquoi il a donné son sperme, il répond :

    « parce que c’est plus agréable que de donner son sang ! »

    Quant à la réalisatrice, elle ne sait comment se débarrasser de ce gêneur et achève son histoire à la fois dans la guimauve et la cruauté. Strange.

  • LAISSE MOI ENTRER de Matt Reeves **

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    Synopsis : Abby, une mystérieuse fille de 12 ans, vient d'emménager dans l'appartement à côté de celui où vit Owen. Lui est marginal, il vit seul avec sa mère, et est constamment martyrisé par les garçons de sa classe. Dans son isolement, il s'attache à sa nouvelle voisine qu'il trouve si différente des autres personnes qu'il connaît. Alors que l'arrivée d'Abby dans le quartier coïncide avec une série de meurtres inexplicables et de disparitions mystérieuses, Owen comprend que l'innocente jeune fille est un vampire.

  • YOU WILL MEET A TALL DARK STRANGER de Woody Allen ****

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    C'est à Londres que se situent les aventures à la fois quotidiennes, ordinaires et extraordinaires de 8 personnages dont les destinées vont se croiser,  converger ou s'éloigner. Un septuagénaire se réveille un matin terrifié à l’idée de mourir bientôt. Il quitte sa femme vieillissante pour une bimbo blonde et sans cervelle alors qu’une « cartomancienne » prédit à la délaissée qu’elle va rencontrer un sombre et bel inconnu… La fille de ce vieux couple perd les pédales, amoureuse de son patron qui ne la remarque pas, alors que son mari, écrivain raté se met à lorgner sur la fenêtre de l’appartement d’en face où une jolie fille en rouge, pas loin de convoler, joue de la guitare… 

    Des histoires de couples, d'amour, de sexe, de désir, d'ambition, de déceptions... des erreurs, des quiproquos, des malentendus, des infidélités, des injustices. Beaucoup d'incertitudes, de tergiversations, de lâcheté, de cruauté. Le tout enrobé, pimenté, entortillé, noyé dans un flot de paroles fiévreuses mais toujours d'une justesse et d'une utilité incontestables. Oui, les personnages de Woody parlent beaucoup. Ils s'expliquent, se justifient. C'est rythmé, nerveux, vigoureux, pétillant avec toujours, au bord de l'éclat de rire, cette inquiétude propre au petit bonhomme assez génial qu'est ce grand réalisateur. Dans cette frénésie de dialogues, de rebondissements en tout genre dont un ABSOLUMENT GENIAL, véritable pirouette inattendue qui concerne Josh Brolin l'écrivain et un de ses amis victime d'un accident... et cet autre où un mari (Josh Brolin encore) emménage chez une splendeur (la sublime Freida Pinto) qu'il a longuement observée depuis la fenêtre de son appartement et qui se retrouve à observer la femme qu'il a quittée (Naomi Watts) depuis son nouvel appartement. En un plan vraiment astucieux et magistral, sans effet ni parole cette fois, il nous démontre la bêtise des hommes (en tant qu'humanité) qui s'obstinent toujours à imaginer, que l’herbe verte ou la vraie vie est ailleurs... 

    Ce film lumineux, plein de drames, de folie, de douceur et d'humour est un grand grand cru qui m'a rappelé l'époque bénie des "Annie Hall" et "Manhattan", pas moins. C'est totalement euphorisant de voir qu'un réalisateur de cette trempe et de cet âge puisse encore innover tout en imprimant son incontestable et tellement reconnaissable virtuosité. Et beaucoup d'allégresse aussi, de délicatesse pour démasquer les failles et fêlures humaines et nous démontrer la vanité, la fragilité des illusions, des apparences. 

    Quant à la direction d'acteurs, elle est à l'image du reste, virtuose et irréprochable. Woody tire le meilleur de cette toute nouvelle troupe d'acteurs qui se montrent tous à la hauteur de l'honneur et du bonheur de travailler avec lui. L'inconnue Lucy Punch, véritable fantasme ambulant, tout en jambes, en cheveux, en minceur qui a comme son nom l'indique beaucoup de vigueur et de vitalité est LA révélation irrésistible de cette histoire pleine de bruit et de fureur, "much ado about nothing", "très dramatique et très comique", (comme nous le disait Woody en personne et en français en juillet dernier où il a fait l’ouverture du Festival Paris Cinéma) où il est également question de réincarnation et de vies antérieures... Mais grâce soit encore rendue à Woody de permettre à Anthony Hopkins de redevenir le merveilleux acteur qu'il a su être, sans excès ni cabotinage. 

    La musique qui accompagne, dès le générique, est comme toujours un régal permanent...

    Mon seul regret est que Woody s'estime désormais trop vieux pour s'accorder des rôles dans ses propres films. Mais sinon, bravo, bravo et encore bravo et une standing ovation !

     

    Si vous ne l'aviez pas vue en juillet, voici la petite vidéo que j'avait faite de Woody à la soirée.

  • MA SEMAINE AU CINEMA

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    DEVENEZ JURY DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU 1ER FILM D'ANNONAY

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    LES AMOURS IMAGINAIRES de Xavier Dolan ***

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    BREATHLESS de Yang Ki-June ***

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    UN HOMME QUI CRIE de Mahamat-Salet Haroun ***

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    TROP LOIN POUR TOI de Nanette Burstein **

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     AMORE de Luca Guadagnigno **

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    WALL STREET : L'ARGENT NE DORT JAMAIS de Oliver Stone °

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    MES COUPS DE COEUR

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  • TROP LOIN POUR TOI de Nanette Burstein **

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    Un soir d’été New-Yorkais Garrett se fait plaquer d’un commun accord pour n’avoir pas réussi à décoder un cryptage fémino-vénusien. Il faut savoir qu’en tazunien lorsqu’une fille dit à un garçon « je ne veux rien pour mon anniversaire », il faut comprendre « vivement mon anniv’, que tu m’offres un cadeau ». Hélas Garrett n’a pas traduit et en est resté à la version martienne de la conversation, ce qui fâche définitivement la vénusienne. Heureusement, cupidon a plus d’une flèche à son arc et notre Garrett rencontre  Erin une merveille au langage très terrien.

    Halleluyah, les oiseaux chantent et on peut même entendre Jeff Buckley en tendant bien l’oreille. Seulement voilà, au bout de 6 semaines d’amour idéalement idylliques, Erin est obligée de rejoindre sa Californie natale car elle a enfin décroché le boulot de journalisme de ses rêves ! Bien que conscients des problèmes liés à l’éloignement, ils décident de poursuivre leur relation, par mail, par sms, par webcam et éventuellement de se payer l’avion de temps à autre pour une traversée est/ouest et réciproquement !

    Dans les comédies romantiques, il y a les master-pieces telles que « Elle et lui », « Brève rencontre », les sucreries comme « Coup de foudre à Nothing Hill » et les navets tel que le récent « Mange, prie, aime »… Celle-ci fait partie de la deuxième catégorie. C’est un petit bonbon acidulé qui ne fait de mal à personne et qui possède même beaucoup de charme grâce notamment à ses deux acteurs principaux.

    Evidemment il faut quand même supporter les inévitables codes et passages obligés qui ont parfois tendance à me hérisser les poils du dos, ici et notamment LES COPAINS !!! Quand ils ne sont pas stupides, obèses ou les deux à la fois, ils sont relous, scatos et évidemment de véritables repoussoirs. Les copains de Garrett sont de la dernière catégorie : bêtes et moches, restons polis !

    Par contre Erin n’a pas de copine (Dieu soit loué pour sa grandeur et sa magnificence !) mais une sœur et elle est vraiment tordante. Cette soeur a une fille qui est évidemment un condensé de teignerie, un mari qu’elle a définitivement castré, mais surtout elle est obsessionnelle : les taches, les odeurs, elle ne supporte pas. J’aime bien cette fille. Je la comprends, je suis (un peu) comme elle*. Et puis elle adore sa petite sœur et est prête à couper les attributs à celui qui lui fera du mal. J’aurais bien aimé en avoir une comme ça !

    Ce qui fait du bien ici c’est que même si les deux tourtereaux sont un peu des trentenaires immatures, d’ailleurs ils se rencontrent devant un jeu vidéo, ils ont aussi et surtout le charme XXL de Drew Barrymore et Justin Long, mais Drew d'abord que j’aime d’amour depuis 1983 ! Et puis, ils n’ont pas l’air de tomber d’une autre planète, ils parlent normalement, ont beaucoup d’humour, manifestent une complicité revigorante, une connivence évidente, ils sont assortis comme jamais… mais ont le triste désavantage d’être nés à une époque où il faut parfois choisir entre garder son boulot et vivre le grand amour !

     

    *pour les mal comprenantes, je suis "comme elle" rapport à ma maniaquerie qu'il faut pas m'approcher si on ne s'est pas désinfecté avant, pas parce que j'ai castré mon Jules !

  • BREATHLESS de Yank Ik-June ***

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    Sang-Hoon exerce avec une application qui ressemble à de l’acharnement le délicat métier de recouvreur de dettes. Incapable de s’exprimer sans proférer une insulte tous les trois mots, violent, agressif et dénué du moindre humour, il semble également inapte à exprimer sa tendresse envers la seule personne qu’il aime, son petit neveu de 5 ans. Un jour il croise Yeon-Hee une lycéenne qu’il va d’une certaine façon agresser d'une de ses très élégante manière. Mais il va tomber sur un os de taille. Yeon-Hee est, comme lui, une paumée au passé très lourd et au présent douloureux. Elle va lui tenir tête, exiger excuses et réparation. Impressionnés et attirés l’un par l’autre, ils vont se revoir, s’habituer l’un à l’autre, s’humaniser, s’adoucir et s’apaiser en partageant leur détresse.

    Le DVD de ce film qui sera en vente dès le 5 octobre m’a été confié par les éditions Potemkime Films & Agnès B. DVD et 48 heures après l’avoir vu, j’en suis encore sous le charme et le choc. Je suis déçue d’avoir raté sa sortie en salle mais ravie d’avoir fait une telle découverte. Je vous le recommande donc vivement.

    Je considère le premier film de l’acteur/réalisateur coréen Yang-It June comme un véritable coup de poing, un choc qui coupe le souffle. La première demi-heure surprend. La seconde permet de s’acclimater à l’ambiance particulière. La suite étreint le cœur et m’a laissée au bord des larmes. Il faut dire que sans être militante de quoi que ce soit, je suis, pour faire vite et simple, particulièrement sensible au sort réservé aux femmes et aux enfants à travers le monde. Ça me sidère et me pétrifie la plupart du temps. Et ici c'est un condensé d'horreurs. Il semble donc que le réalisateur ait choisi cette façon brutale, émouvante, humoristique et assez radicale pour évoquer cette humanité désenchantée et résignée de son côté de la planète. On ne peut s’empêcher de rire ou de sourire en observant le comportement de Sang-Hoon violent et ordurier, toujours au bord de l’implosion ou de l'explosion. Mais dès qu’on découvre ce qui l’a rendu si visiblement insensible au reste de l’humanité, on comprend mieux sans l’excuser pour autant. Idem pour la petite Yeon-Hee qui sous ses airs sages et son uniforme d’écolière dissimule une vie de contraintes, de privations, d’humiliations.

    C’est au hasard d’une sublime et longue scène muette d’une douceur et d’une tristesse inattendues au cœur de toute cette violence que le réalisateur autorise ces deux perdus à se laisser aller à leur inconsolable chagrin.

    Il y a sans doute des façons plus subtiles de parler d’une société où les hommes tellement accablés par une société dictatoriale deviennent de véritables tyrans, voire des bourreaux au sein de leur famille mais la sincérité qui semble suinter de ce film dur et choquant m’a totalement conquise.

    Avec sa rage, sa colère, sa naïveté et son authenticité, le réalisateur signe un film qui aurait aussi pu s’appeler « un homme qui crie ». 

  • WALL STREET L'ARGENT NE DORT JAMAIS de Oliver Stone °

    En 1987, Gordon Gekko était un gros pourri, un as de la finance qui avait des dollars à la place des yeux. Oliver Stone l'avait mis en prison à la fin de l'histoire parce qu'il avait trop fait mumuse avec des sous qui ne lui appartenaient pas. ça ne se fait pas. Quand le film commence (celui de 2010) Gordon sort de prison et on lui rend sa montre et son portable. Et en 1988, les portables avaient cette tête là : douglas.jpg    MDR.

    Gordon c'est Michaël Douglas l'acteur, et du coup lui aussi a 23 ans de plus. ça se voit mais ça ne me dérange pas, il ressemble de plus en plus à papa c'est incroyable :

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    A sa sortie de prison, personne n'attend Gordon, c'est dégueulasse. Pourtant il a une fille mais elle préfère se rouler sous la couette avec son chéri. La fille c'est Carey Mulligan et le chéri c'est Olivier Besancenot Shia LaBeouf (finalement on s'habitue à son nom pas vrai ?). Il dort avec sa culotte. Mais je me suis laissée dire que depuis le film, Carey et Shia (en fait, ça fait quand même bizarre ce prénom) dormaient ensemble sens dessus dessous. Chéri est trader et il s’appelle Jacob et il aime la fille de Gordon qui l’aime aussi. Mais elle ne veut plus entendre parler de son père. Il lui a mis 100 millions de dollars sur un compte en Suisse mais tant pis elle en veut pas. Elle fait croire qu’elle lui reproche la mort de son frère mais en fait elle ne supporte pas qu’il lui ait donné un nom de nounours. Winnie, elle s’appelle. 
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    Parfois, Jacob et Winnie sont dans la rue et ils discutent. Ils ont des soucis parce que Jacob fricotte avec Gordon et Winnie a des secrets aussi.

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    Alors Jacob réfléchit à comment il pourrait garder Winnie. Alors il lui achète une bagouze à 400 mille dollars. Elle aime bien même si elle la trouve pas trop en plastique comme elle aimerait mieux, alors elle lui dit : « d’accord je veux bien t’épouser, d’ailleurs je suis enceinte ».

    « ah bon, qu’il dit Jake, qui est le père ? ».

    Mais non, j’rigole ! 

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    Là, le type qui fait comme ça avec les doigts et la bouche, avec le pull rouge sur les épaules, c’est le réalisateur. Il est là, il voudrait bien mais il n’y arrive pas. Et les acteurs lui disent : « euh, quand même Olive, va falloir qu’on fasse quelque chose là, tu nous as pas mis dans nos costumes du dimanche un jeudi pour qu’on fasse rien ? », 

    « ben, oopss j’ai oublié » qu’il dit Olive… ah, ça y est ça me revient, qu’il finit par dire, mais il faut changer de costume ». Oliver doit avoir un "alea moral" à n'en pas douter.

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    Là tout le monde est habillé comme un pingouin et Jacob dit à Gordon : « merde Gordo, t’as pas mis ton nœud pap ? ».

    « Ouais ben j’avais pas envie de ressembler à cte piranha de Brett »

    « on m’appelle plus Brett, Gordon, mais Bretton ».

    Vous savez quoi ? J’ai appris que Josh Brolin avait perdu 10 kgs pour ce rôle. Il a bien fait. 

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    Parfois Jacob se promène avec un air triste devant Ground Zero (ce n’est pas loin de Wall Street) et on a une pensée émue. 

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    Cette fois Oliver a mis son pull sur lui parce que la clim’ est poussée à fond. Ses manches sont trop courtes mais si le film marche il rachètera une pelote pour finir les bras. 

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    Brett/Josh, c'est un méchant qui veut toujours plus comme Gordon dans le temps. Il est le « poulain » (dans la vie, il faut un poulain et un mentor) de Eli Wallach qui s’appelle Julie ici. Il est un peu liquide et il fait « pfuit pfuit » avec sa bouche et ça veut dire : « cui cui fait l’oiseau ». C’est bizarre comment il devient Eli. Il a son nez qui descend de plus en plus bas et les joues lui entrent dans la bouche. La sonnerie du portable de Jacob c’est une musique de western, c’est pour faire du mal à Eli, j’en suis sûre. 

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    Les traders sont des mauvais et ils se reconnaissent entre eux. Alors ils prennent le métro. Le métro c'est dangereux, parfois des gens se jettent dessous et ils vous bousculent. Quand il est encore gentil Gordon a la mèche en bataille et quand il redevient méchant il a le cheveu gominé.

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    Sur cette photo, j’adore la chemise de Michaël. Je pense que c’est du lin, et ce bleu est vraiment très seyant. Par contre les charentaises, moyen. Bon excusez moi faut que je vous laisse.  

  • UN HOMME QUI CRIE de Mahamat Saleh Haroun ***

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    Au Tchad, c’est la guerre civile. Elle ne date pas d’aujourd’hui mais Adam, environ 60 ans, a un métier auquel il s’accroche et qui le tient quelque peu isolé du chaos. Ancien champion de natation, il est maître nageur de l’hôtel de luxe de la Capitale N’Djamena. La direction de l’hôtel devient chinoise et l’impitoyable nouvelle directrice entend bien renouveler le personnel trop âgé. C’est ainsi qu’Adam doit céder sa place à son fils Abdel et prendre celle d’un de ses collègues et ami à un poste moins prestigieux.

    Le gouvernement en place malmené par les rebelles nomme des Chefs de quartier qui ont la charge de récolter de l’argent pour « l’effort de guerre ». A défaut de payer, les habitants peuvent choisir d’envoyer leur(s) enfant(s) en âge de combattre. Harcelé par son chef de quartier, Adam ne possède pas la somme nécessaire, mais il a un fils…

    Si la guerre est omniprésente, on la voit à peine. Le réalisateur s’attache plus particulièrement à en montrer les « dommages collatéraux » sur la population qui ne peut, la plupart du temps que la subir et tenter de continuer à vivre. C’est le cas d’Adam qui a la « chance » d’avoir toujours un emploi. Il entretient par ailleurs de merveilleux rapports de complicité avec Abdel son fils (la très belle scène d’ouverture) et de tendresse partagée avec sa femme. Jusqu'à ce que le drame éclate.

    C’est avec infiniment de délicatesse et de sobriété que Mahamat-Saleh Haroun (lui-même rescapé de la guerre qui l’a contraint à quitter son pays) dépeint la souffrance de cet homme qui a fait un choix qui le hante. Les relations entre un père et son fils sont au cœur de cette tragédie. Mais alors que le pays en pleine confusion s’effondre, quelles sont les possibilités de rédemption d’un homme qui semble avoir commis l’irréparable ?